mardi 22 octobre 2013

L'égyptien Mohamed Helmy, Juste parmi les nations


Juifs et musulmans ont parfois du mal à se tendre la main. Judaïsme et islam, autour du patriarche Abraham,  partagent pourtant les valeurs d'entraide et de respect de la vie. 
Pendant la Seconde guerre mondiale, juifs et musulmans, traqués par l'idéologie nazie xénophobe, ont affronté les mêmes persécutions, et des musulmans n'ont pas hésité à secourir des juifs. Aussi, le 30 septembre dernier, un Egyptien a été reconnu « Juste parmi les nations », la distinction décernée par Israël à ceux qui ont sauvé des Juifs pendant la Shoah, au péril de leur vie.

Le titre officiel délivré par Yad Vashem
La distinction, décernée à titre posthume, honore le Dr Mohamed Helmy, médecin égyptien né à Khartoum, et son épouse  allemande Frieda Szturmann pour " avoir œuvré ensemble au cœur de l’Allemagne nazie à sauver une famille juive au plus fort de l’Holocauste ". Pendant plus de deux ans, il cacha Anna Boros, une de ses patientes juives et sa famille.
Installé en Allemagne depuis 1922, le médecin travaillait pour l’Institut Robert Koch à Berlin jusqu’en 1937, date à laquelle il fut licencié par le régime hitlérien. Arrêté en 1939 avec d’autres Egyptiens, il sera relâché en 1940 pour raisons médicales.
Mohamed Helmy et Frieda Szturmann, sont respectivement décédés en 1982 et 1962.
Ce "Schindler arabe" est le premier égyptien à être reconnu par le mémorial de Yad Vashem. L’Égypte, engagée dans quatre guerres avec Israël de 1948 à 1973, a signé en 1979 un traité de paix avec l’Etat hébreu.
Yad Vashem a reconnu depuis 1953 une soixantaine de musulmans, originaires d'Albanie, de Bosnie et de Turquie. Citons le  diplomate turc Selahattin Ülkümen (1914-2003), consul général à Rhodes en 1943 et 1944.
Egalement Dervis Korkut (1888-1969), conservateur du musée de Sarajevo, qui cacha la Haggadah, l'un des plus précieux manuscrit en hébreu du XIVe siècle. En 1942, il sauva Mira Papo, une jeune juive, décédée en 1998. Son témoignage a permis l'enquête de Yad Vashem. Sa fille Lamija se retrouva dans un camp de réfugiés en 1999, lors du conflit serbe. Un représentant de la communauté juive du Kosovo obtiendra son transfert en Israël, avec son mari.
En France, le journaliste franco-algérien Mohammed Aïssaoui, auteur de "L'étoile jaune et le croissant" (Gallimard, 2012) milite en faveur de la reconnaissance de Kaddour Ben Ghabrit, fondateur de la grande mosquée de Paris.
Lire aussi le cas du tunisien Khaled Abdul-Wahab dont la candidature au titre de Juste n'a pas été reconnue