lundi 14 avril 2014

Bientôt, les 80 ans de Gotlib !

Figure majeure de la BD française, le dessinateur Marcel Mordekhaï Gotlieb, dit Gotlib, fêtera ses 80 ans le 14 juillet prochain.
Jusqu'au 27 juillet, le Musée d'art et d'histoire du judaïsme lui consacre une exposition à ne pas manquer.
Grand prix du Salon international de la bande dessinée d'Angoulême en 1991, le créateur de Fluide Glacial, se retrouve ainsi portraitisé avec près de deux cents planches originales (publiées mais jamais exposées), complétées par des archives photographiques, écrites et audiovisuelles.
Dans sa biographie, publiée par Numa Sadoul en 1974, on peut lire : " A l'école, les copains parlaient sans cesse des juifs, de l'étoile, etc, d'une manière assez péjorative, puisqu'ils entendaient leurs parents parler ainsi " (...) " Moi, je ne savais pas du tout ce que c'était : je devais avoir autour de 8 ans et je m'étais mis dans la tête que les juifs étaient des emmerdeurs à qui on collait une étoile jaune et qu'on embarquait pour les punir. Or, un soir, lorsque je suis rentré chez moi, ma mère m'a cousu l'étoile. Merde ! Tous ces mecs qui n'étaient pas des gens "bien", j'en étais, j'en faisais partie ! Ça été une assez jolie surprise. "
MAHJ Hôtel de Saint-Aignan, 71, rue du Temple 75003 Paris (fermé le samedi et le 1er mai)

mercredi 26 mars 2014

27 mars 1942 : 72 ans après le premier convoi de déportés Juifs

Wagon mémorial, gare de Langeais (Indre-et-Loire), sous le ciel bleu : 40 hommes, 8 chevaux en long (photo Thierry Noël)
C'était il y a soixante-douze ans, le 27 mars 1942 : le premier convoi de déportés Juifs partait de la gare du Bourget, avec 565 internés de Drancy.
Ce "transport" était constitué de wagons de 3e classe (les wagons à bestiaux apparaîtront avec le deuxième convoi du 5 juin 1942).
Il est 17 h lorsque ce train spécial n° 767 s'ébranle. Arrivé à Compiègne, il fait une halte de plusieurs heures...
Dans la nuit monteront 547 autres hommes, dont une majorité des 743 « notables », raflés en décembre 1941, enfermés depuis au camp de Royallieu (parmi eux René Blum, frère de Léon Blum) et des Juifs étrangers. Au total, 1112 hommes - dont un enfant - qui n'avaient commis pour seul crime que d'être nés Juifs.
Destination Auschwitz-Birkenau. Un voyage de trois jours et trois nuits.
On ne comptera que seulement 19 survivants en 1945.
C'était le premier des 80 convois qui conduirent 62.900 personnes vers les camps de la mort. Le dernier partira de Drancy le 17 août 1944, avec 51 personnes.
Hier, les horreurs du régime nazi. Aujourd'hui, toujours la même haine et un antisémitisme qui va croissant...

dimanche 16 mars 2014

Chaque document est une histoire !

Le mercredi 28 mai prochain à Tours, de 9 h 30 à 17 h 30 (6 rue Chalmel), des documentalistes du Mémorial de la Shoah, se tiendront à la disposition du public pour collecter  tous  documents destinés à sauvegarder la mémoire des Juifs de France, d’Europe et d’Afrique du Nord.
Cette campagne, qui a lieu dans une vingtaine de grandes villes de France, durant toute l'année 2014, correspond à la mission du Mémorial de transmission et de sensibilisation à l’histoire de la Shoah pour les générations futures.
Le Mémorial recherche notamment des documents et photographies de 1880 à 1948 : photos, lettres, journaux, papiers personnels, objets, cartes d'identité, visas, passeports, dessins...
Selon la volonté des familles les documents seront soit reproduits sur place et rendus immédiatement, soit déposés au Mémorial de la Shoah.
Pour inciter à cette collecte, le Mémorial diffuse actuellement par courrier, le témoignage de Georges Gross, enfant juif caché, et sauvé : " Confier mes archives au Mémorial, c'est faire revivre toutes ces personnes qui me manquent tant. Cela a aussi été un soulagement, celui de savoir que la mémoire de notre famille faisait désormais partie de l'histoire, préservée ainsi de l'oubli. Je ne peux qu'inciter les personnes dont les proches ont été victimes de la Shoah à confier leurs archives au Mémorial. C'est un geste qui sert l'histoire et l'humanité ".

Sauvé par soeur Sainte-Monique

Photo conservée au Mémorial : Georges Gross, bébé, son grand frère Jacques et ses cousines


Dans sa lettre, Georges Gross raconte son histoire. Né à Tours en octobre 1939, la ville où sa mère Sura se réfugia, tandis que son père, Mozek, engagé volontaire en 1939, fut fait prisonnier, Georges est vite devenu le seul rescapé de sa famille, déportée en 1942 (ses parents et ses deux frères Jacques et Claude).
Gravement blessé alors qu'il était chez sa nourrice, Georges sera confié aux bons soins des Soeurs Augustines Hospitalières de la clinique Saint-Gatien, qui l'ont recueilli, du terrible été 1942 à juillet 1944.
Opéré d'une ostéomyélite, il sera protégé par Soeur Sainte-Monique, qui, seule, était au courant de son histoire. Son action lui sauva la vie.
Soeur Sainte-Monique, (née Geneviève Cadart 1905-1982), a obtenu de l'Etat d'Israël le titre de Juste parmi les Nations, à titre posthume, le 13 décembre 2011.
Une cérémonie officielle de remise de la médaille délivrée par l’Institut Yad Vashem, a eu lieu le 13 décembre 2011 au Mémorial de la Shoah à Paris.

Voir la vidéo, réalisée par le Comité français pour Yad Vashem.

Ce temps fort rappelait l'engagement d'habitants et de religieux de Touraine qui, par leur action désintéressée, ont permis de sauver des juifs. L'Indre-et-Loire compte à ce jour 42 Justes.

Lire également : Femmes d'église et sauvetage des Juifs


> En préambule à la collecte des archives à Tours, l'Association Culturelle Israélite d'Indre et Loire (ACIIL) a invité Jacques Fredj, le directeur du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) pour évoquer les missions et l’histoire de cette institution, le jeudi 22 mai à 20 h, salle 121 des Halles à Tours.

Femmes d'église et sauvetage des Juifs

N'écoutant que leur coeur, plusieurs religieuses contribuèrent au sauvetage de Juifs, souvent en dépit des autorités hiérarchiques de l'Eglise.
Les religieuses de Tours ont participé activement à ces actions.
Ainsi, Soeur Sainte-Monique, (née Geneviève Cadart 1905-1982), sauva le petit Georges Gross, trois ans, confié aux Soeurs Augustines Hospitalières de la clinique Saint-Gatien. (Lire son témoignage)
Pour ces faits, cette religieuse a obtenu le titre de Juste parmi les Nations, à titre posthume, le 13 décembre 2011.
D’autres religieuses de Touraine ont sauvé des personnes, juives ou non.
Sylvie Bernay, dans "L'Eglise de France face à la persécution des Juifs", (CNRS Editions, avril 2012) relate (p. 224) l’action des religieuses de la Présentation de Tours qui tenaient l'hospice de Beaune-la-Rolande, où trois ou quatre soeurs s'occupaient de la lingerie et de l'infirmerie du camp, installées dans la cité. 
(Sur le camp de Beaune-la-Rolande, voir le site du CERCIL, Centre d’étude et de recherche sur les camps d’internement dans le Loiret et la déportation juive)
Soeur Marie-Raphaël contribua à faire évader des prisonniers. Afin de créer des opportunités pour que les internés restent au dortoir au lieu d'aller au réfectoire, elle provoquait des hyperthermies. Le soir, le camp étant moins surveillé, la religieuse faisait partir les prisonniers au fond du camp, où ils étaient pris en charge par un prêtre d'Orléans qui leur faisait passer la ligne de démarcation.
Les activités clandestines de soeur Marie-Raphaël seront repérées et le maire de Beaune-la-Rolande exigea son départ en avril 1943.
Annette Monod, l'assistante sociale protestante de la Croix-Rouge auprès des camps du Loiret, attestera qu'elle reçut de l'aide des religieuses de la même congrégation, lorsque les enfants du Vel d'Hiv seront internés dans les camps du Loiret, pendant l'été 1942.
Sylvie Bernay évoque également (p. 499) l’action du « réseau Bretonneau », trop peu explorée par les historiens : 
Soeur Dominique Regli, archiviste des Dominicaines de la Présentation de Tours, donna en 2004 un témoignage oral sur soeur Maria, supérieure de la Communauté à l'hôpital Bretonneau, et sur les médecins de l'hôpital qui avaient organisé une filière d'évasion des Juifs. 
Furent ainsi transférées à Nice deux fillettes grâce à l'aide de l'aumônier capucin du sanatorium de la Croix-Montoire.

mardi 11 mars 2014

"Monuments Men" : pas d'étoile jaune pour mieux piller les oeuvres d'art !

Le film "The Monuments Men", qui sort ce mercredi 12 mars, avec George Clooney, Matt Damon, Bill Murray, Jean Dujardin et John Goodman, raconte l'histoire de spécialistes envoyés en Europe par Roosevelt pour récupérer les oeuvres d'art dérobées à des Juifs par les nazis.

Avec George Clooney, Matt Damon, Bill Murray, Jean Dujardin, John Goodman
"Monuments Men" s'inspire du livre éponyme de Robert M. Edsel et Bret Witter.
Pour mieux piller les collections d'oeuvres d'art, les nazis faisaient aussi appel à des marchands Juifs et certains ont même obtenu une exemption d'étoile jaune pour faciliter leur travail.
Ce film sort 50 ans après "Le Train", de John Frankenheimer, qui racontait l'odyssée du dernier convoi de tableaux de maîtres, intercepté par des hommes de la 2e DB du général Leclerc le 27 août 1944.


Hans Posse
L'histoire du plus grand hold up du XXe siècle commence cinq ans plus tôt en juin 1939, lorsque le Dr Hans Posse, directeur de la Gemäldegalerie Alte Meister (galerie de peintures de Dresde), reçoit un ordre d'Hitler. Il a pour mission de collecter des oeuvres d'art pour alimenter le futur Führermuseum, imaginé par le chancelier allemand.
Au moins quatre exemptions d'étoile seront demandées par Posse pour faciliter l'activité des marchands d'art juifs à son service.
Allan et Emmanuel Loebl, en ont bénéficié en août 1942, avec Hugo Engel, un Juif autrichien, à la tête d'une importante galerie, et son fils Herbert Hengel.
Hugo Engel sera le premier à bénéficier de l'exemption, valable jusqu'au 30 novembre 1942.
Posse, qui mourra d'un cancer en décembre 1942, travaillait aussi avec le marchand berlinois Charles Haberstock.
Celui-ci passera par Helmut Knochen, pour délivrer l'exemption des Loebl, valable du 23 février 1943, jusqu'au 30 avril, puis prolongée jusqu'au 31 octobre 1943. (1)
Allan Loebl était affilié au syndicat des marchands d'art où l'on retrouve l'industriel Achille Boitel, liquidé par la Résistance en 1944, et l'antiquaire Yves Perdoux, qui révéla les cachettes des collections du marchand d'art Paul Rosenberg, dans le Bordelais, obtenant en contre-partie trois Pissaro et un Renoir. (2)
Ces opérations de spoliation à grande échelle sont lancées dès le 17 septembre 1940 lorsque le général Keitel, chef du Haut Commandement des forces armées à Paris, applique l'ordre du Führer de confisquer " les objets précieux des Juifs et de les transporter en Allemagne " grâce à l'Eisatzstab Reichsleiters Rosenberg (ERR), l'unité spéciale dirigée par Alfred Rosenberg.
A partir d'octobre, les oeuvres saisies sont entreposées au musée du Jeu de Paume et en avril 1941, l'ERR ira jusqu'à saisir des collections en zone libre, comme la collection David-Weill au château de Sourches (Sarthe). 
Vichy ne protestera qu'en juin, juste avant la loi du 22 juillet 1941 sur l'aryanisation des biens juifs. (3)
Le pillage des oeuvres d'art, lancé dans toute l'Europe occupée, fait suite à la directive de Hitler du 30 juin 1940, ordonnant la " mise en sûreté au delà des collections publiques des oeuvres d'art appartenant à des particuliers ".
Posse, éminent spécialiste de l'art baroque et de la Renaissance italienne et néerlandaise, dirigeait une galerie à Dresde.
Göring complètera ainsi ses collections commencées au début des années trente, grâce à Max Jakob Friedlaender (1867-1958). Cet expert, issu d'une famille juive de banquiers et de négociants en pierres précieuses, quitta l'Allemagne en 1939 pour les Pays-Bas et bénéficiera de la protection pour le moins intéressée de Göring. 
Collectionneur compulsif, le dirigeant nazi fera au moins douze visites au Jeu de Paume en 1941 et cinq en 1942 (4), où l'assistante de conservation, Rose Valland, jouera un rôle éminent pour répertorier les oeuvres volées, et permettre ainsi leur récupération par les "Monuments Men" américains. (5)
Détail révélateur sur l'utilisation des intermédiaires juifs : en prime d'un tableau d'Utrillo, tiré de la collection Bernheim, Göring recevra l'intégralité de la bibliothèque d'art d'Allen Loebl.
En 2000, la commission Matteoli, dressant le bilan de la spoliation des Juifs de France, estimera à plus de 100.000 les objets d'art pillés sur le territoire français entre 1940 et 1944.
Le 27 août 1944, le dernier train d'oeuvres d'art en partance pour l'Allemagne sera arrêté par des hommes de la 2e DB en gare d'Aulnay-sous-Bois. Parmi eux, le jeune lieutenant Alexandre Rosenberg, fils du collectionneur Paul Rosenberg (lire sa biographie écrite par sa petite fille, Anne Sinclair).

> POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE PILLAGE DES OEUVRES D'ART : voir le site ArtCult le journal du marché de l'art avec un article très complet d'Adrian Darmon.
L'histoire de ce dernier transport d'oeuvres d'art a inspiré
 le film Le Train  réalisé par John Frankenheimer
 et Bernard Farrel, avec Burt Lancaster et Michel Simon, sorti en 1964.

(1) CDJC-XXVa-186 Six documents, du 10 août 1942 au 13 juillet 1943, concernant l'exemption du port de l'étoile jaune pour Allan Loebl, Emmanuel Loebl et Hugo Engel .
(2) Laurence Bertrand Dorléac : " L'Art de la défaite " (Seuil, 1993)
Michel Rayssac : " L'exode des musées - Histoire des oeuvres d'art sous l'Occupation " (Payot, 2007)
Hector Feliciano : " Le Musée disparu - Enquête sur le pillage d'oeuvres d'art en France par les nazis " (Gallimard, 2009)
Anne Sinclair : " 21 rue La Boétie " (Grasset, 2012)
(3) André Gob : " Des musées au dessus de tout soupçon " (Armand-Colin, 2007) chap. 4 : Butin, saisies, spoliations 1933-1946, p. 142 à 144.
(4) Le rapport du 15 août 1945 de l'Office des Services Stratégiques Américain établira que, de février 1941 à novembre 1943, l'ERR organisa jusqu'à 28 " échanges " de peintures françaises de la fin du XIXe et XXe siècles, provenant principalement des collections Rosenberg-Bernstein. Dix-huit de ces échanges réalisés au seul profit de Göring.
(5) Corinne Bouchoux : « Rose Valland, La Résistance au musée » (Geste éditions 2006)

jeudi 9 janvier 2014

Max Jacob : 70e anniversaire de sa disparition le 5 mars 1944

Max Jacob peint par Modigliani (1916)
Pour commémorer les 70 ans de la disparition de Max Jacob, le 5 mars 1944, le Mémorial de la Shoah organise plusieurs événements :
Jeudi 6 mars, à 19 h, une rencontre à l'auditorium Edmond J.Safra à Paris (17, rue Geoffroy-L'Asnier, 75004), en présence de Géraldi Leroy, professeur émérite de littérature à l'université d'Orléans, Patricia Sustrac, présidente de l'association des Amis de Max Jacob, et Alexander Dikow, enseignant-chercheur de l'université Virginia Tech (Etats-Unis). Soirée animée par Pascal Ory, historien, professeur à Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Suivra une lecture de textes de Max Jacob par Roland Bertin, sociétaire honoraire de la Comédie Française. Entrée libre sur réservation (01.53.01.17.09).
Dimanche 9 mars, au Mémorial de la Shoah à Drancy, à 15 h, lectures par Roland Bertin, et à 16 h, projection de "Monsieur Max" de Gabriel Aghion (2006).

Max Jacob, arrêté le 24 février 1944 par la Gestapo, figure du Paris artistique de l'entre-deux-guerres, subira avec sa famille toutes les persécutions antisémites. Il témoigna dans son Journal de guerre.
Il porta l'étoile jaune.
Poète et romancier, Max Jacob est né à Quimper en 1876. A Montmartre, il fréquente Picasso, Braque, Matisse, Apollinaire et Modigliani.
Né juif mais converti, il se fera baptiser à 40 ans, avec Picasso comme parrain. En 1909, sur le mur de sa chambre au 7 de la rue Ravignan, le Christ lui était apparu...
A partir de 1936, il se retire à l'abbaye bénédictine de Saint-Benoît-sur-Loire. C'est là qu'il sera arrêté par la Gestapo d'Orléans le 24 février 1944. Il mourra d'épuisement au camp de Drancy, le 5 mars 1944, en dépit des interventions de ses amis Cocteau et Sacha Guitry.
L'an dernier, "La face cachée de l'étoile jaune" lui consacra cet article.

mardi 22 octobre 2013

L'égyptien Mohamed Helmy, Juste parmi les nations


Juifs et musulmans ont parfois du mal à se tendre la main. Judaïsme et islam, autour du patriarche Abraham,  partagent pourtant les valeurs d'entraide et de respect de la vie. Pendant la Seconde guerre mondiale, juifs et musulmans, traqués par l'idéologie nazie xénophobe, ont affronté les mêmes persécutions, et des musulmans n'ont pas hésité à secourir des juifs. Aussi, le 30 septembre dernier, un Egyptien a été reconnu « Juste parmi les nations ». Une distinction décernée par Israël à ceux qui ont sauvé des Juifs pendant la Shoah, au péril de leur vie.

Le titre officiel délivré par Yad Vashem
La distinction, décernée à titre posthume, honore le Dr Mohamed Helmy, médecin égyptien né à Khartoum, et son épouse  allemande Frieda Szturmann pour " avoir œuvré ensemble au cœur de l’Allemagne nazie à sauver une famille juive au plus fort de l’Holocauste ". Pendant plus de deux ans, il cacha Anna Boros, une de ses patientes juives et sa famille.
Installé en Allemagne depuis 1922, le médecin travaillait pour l’Institut Robert Koch à Berlin jusqu’en 1937, date à laquelle il fut licencié par le régime hitlérien. Arrêté en 1939 avec d’autres Egyptiens, il sera relâché en 1940 pour raisons médicales.
Mohamed Helmy et Frieda Szturmann, sont respectivement décédés en 1982 et 1962.
Ce "Schindler arabe" est le premier égyptien à être reconnu par le mémorial de Yad Vashem. L’Égypte, engagée dans quatre guerres avec Israël de 1948 à 1973, a signé en 1979 un traité de paix avec l’Etat hébreu.
Yad Vashem a reconnu depuis 1953 une soixantaine de musulmans, originaires d'Albanie, de Bosnie et de Turquie. Citons le  diplomate turc Selahattin Ülkümen (1914-2003), consul général à Rhodes en 1943 et 1944.
Egalement Dervis Korkut (1888-1969), conservateur du musée de Sarajevo, qui cacha la Haggadah, l'un des plus précieux manuscrit en hébreu du XIVe siècle. En 1942, il sauva Mira Papo, une jeune juive, décédée en 1998. Son témoignage a permis l'enquête de Yad Vashem. Sa fille Lamija se retrouva dans un camp de réfugiés en 1999, lors du conflit serbe. Un représentant de la communauté juive du Kosovo obtiendra son transfert en Israël, avec son mari.
En France, le journaliste franco-algérien Mohammed Aïssaoui, auteur de "L'étoile jaune et le croissant" (Gallimard, 2012) milite en faveur de la reconnaissance de Kaddour Ben Ghabrit, fondateur de la grande mosquée de Paris.