vendredi 25 mai 2018

29 mai 1942 - 29 mai 2018 : N'oublions pas l'étoile jaune

Face au nouvel antisémitisme qui sévit en France, la mobilisation passe aussi par l’allumage des lumières de l'Histoire. 
Il y a 76 ans, le 29 mai 1942, la 8e ordonnance allemande interdisait aux Juifs, français et étrangers de zone occupée, de paraître en public sans porter l’étoile jaune, dès l’âge de six ans. N’oublions pas !

Le quotidien "Le Matin" du 1er juin 1942
Ce signe distinctif, entré en vigueur le dimanche 7 juin 1942, sera une étape importante de la « Solution finale », avec la contribution active de l’Etat français de Vichy pour sa distribution dans les commissariats et les sous-préfectures. 
L’étoile facilitera le repérage des « indésirables » et leurs arrestations. Suivra, le 16 juillet 1942 la rafle du Vél d’Hiv… 
Imprimé à 400.000 exemplaires, à raison de trois étoiles par personne, ce signe distinctif était prévu pour 100.455 personnes (61.684 français et 38.591 étrangers).
Si Vichy s’opposa à l’extension de l’étoile en zone sud, après l’invasion allemande du 11 novembre 1942, la mention « Juif », tamponnée à l’encre rouge, sera imposée sur les papiers d’identité et cartes d’alimentation. Un dispositif déjà en vigueur à Paris depuis une ordonnance du préfet de police du 10 décembre 1941.
Après le recensement de septembre 1940 qui permettra aux autorités françaises la création du fichier des Juifs, les statuts des Juifs d’octobre 1940 et de juin 1941, la loi sur « l’aryanisation » des biens Juifs de juillet 1941, le premier convoi de déportation du 27 mars 1942, l’instauration de l’étoile jaune marque une nouvelle étape dans l’irréparable.

Dans ce contexte implacable d'élimination des Juifs du paysage français, des stratégies de survie seront élaborées : refus du recensement, passages clandestins de la ligne de démarcation, placements d'enfants, réseaux de sauvetage, actions individuelles des Justes.
L’étoile jaune, marqueur discriminatoire, deviendra aussi un enjeu de refus. 
Certains décideront de ne pas la porter en dépit des risques de dénonciation. Des gestes de solidarité apparaîtront aussi lors de l'entrée en vigueur de l'ordonnance allemande : une quarantaine de personnes seront arrêtées pour défaut d'étoile, ou pour avoir porté d'autres insignes, des étoiles fantaisistes avec des inscriptions comme "zazou", "swing", "potache", "papou ». (Lire " Amis des Juifs - Les résistants aux étoiles " - Tirésias 2005 - de Cédric Gruat et Cécile Leblanc).
Des protestations seront lancées par les autorités religieuses catholiques et protestantes, tandis que les dirigeants de l'Union générale des israélites de France appelaient à "porter l'insigne dignement et ostensiblement", comme le rappelle Renée Poznanski dans "Les Juifs en France pendant la Seconde Guerre Mondiale" (Hachette, 2005, page 292)
En vain, des demandes d’exemption seront formulées par la Fédération des amputés de guerre, l’Ordre des médecins et les Sapeurs-pompiers de Paris.
Les mesures d’exemption, prévues par la réglementation allemande (pour plus de 9.800 étrangers issus de pays belligérants, alliés ou neutres), permettront à quelques rares cas isolés d’en profiter : le 25 août 1942, une liste de seulement 26 exemptions sera publiée par la SS de Paris. (CDJC-XXVa-164)
Parmi ces mesures individuelles, quatre proches du Maréchal Pétain (en aucun cas il ne s'agissait de protéger les Juifs français de manière collective, en donnant en échange à l'ennemi les Juifs étrangers selon la fameuse théorie du bouclier défendue après guerre par Raymond Aron, et reprise en 2014 par le polémiste Eric Zemmour). 
En seront bénéficiaires, l’épouse de l’ambassadeur de Vichy à Paris, Jeanne de Brinon, née Franck ; la marquise de Chasseloup-Laubat, née Stern ; la générale Billotte, née Nathan ; la comtesse d’Aramon, née Stern.
Pétain réclamera en vain, des exemptions pour la veuve de Bergson, et le pianiste Konstantinoff, chargé de la programmation musicale de Radio Paris.  (CDJC-XLIXa-91b)

D’autres exemptions seront accordées pour « de pressants motifs économiques » pour des cadres d’entreprises au service des allemands, pour les services de contre-espionnage, et des Juifs « travaillant avec la police anti-juive », pour des intermédiaires chargés du pillage des oeuvres d’art, et quelques rares cas suite à des demandes individuelles.

Un seul sous-préfet, Louis Tuaillon, en poste à Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques) écrira en mai 1943 un courrier courageux au chef de la Sûreté allemande à propos des Juifs évacués de la côte Basque «  mis dans l’obligation de porter l’étoile jaune et de se présenter chaque semaine à la mairie. » (Archives départementales Pyrenées-Atlantiques SDA 64)
En l’absence d’instruction il refusa de suivre d’effet ces demandes, rappelant qu’aucun texte français n’a imposé l’étoile en zone sud. Nommé préfet du Lot-et-Garonne, puis à Limoges et Marseille, il sera arrêté par la Gestapo en juin 1944 et déporté.
N’oublions pas l’étoile jaune !

Thierry Noël-Guitelman

vendredi 16 février 2018

La famille Millner sauvée par les Cluzeau, Justes des Nations

La famille Millner doit sa survie à l'action des Justes Maurice et Paulette Cluzeau. Henri et David Millner ont également bénéficié d'une exemption d'étoile jaune.



Le caveau familial des Millner au
cimetière parisien de Bagneux
 (col. particulière)
Henri Millner et son fils David Millner ont bénéficié d'une exemption d'étoile jaune le 11 juin 1942. (CDJC-XXVa-192)
Cette double exemption, signée par Röthke, le chef du service IV J de la Sipo-SD de Paris, a été accordée jusqu'au 31 août 1942. Une validité limitée dans le temps avec " l'obligation de présenter avant cette date les documents prouvant son appartenance à la race aryenne ".
Henri est né en 1888 à Bender (Russie) et David, en 1911 à Paris.
Ferrailleur, David a pu profiter de cette profession stratégique en temps de guerre pour obtenir les faveurs des autorités d'occupation, au titre des activités économiques
Mais la famille Millner échappa à la déportation grâce à son sauvetage par un couple de charcutiers du XIe arrondissement de Paris, les Justes Maurice, né en 1913, et Paulette Cluzeau, née en 1910.

Dans le Dictionnaire des Justes de France (Editions Yad Vashem et Fayard, 2003), page 175, la notice biographique relate les détails de ce sauvetage : 
" C'est à l'armée que David Millner, un Juif français né en 1911, rencontra Maurice Cluzeau qui avait le même âge que lui. Les deux Parisiens avaient été mobilisés en 1939. Jusqu'à la débâcle de juin 1940, ils combattirent côte à côte dans le 144e bataillon d'infanterie et devinrent de bons amis.
Démobilisés après la défaite française, ils rentrèrent tous deux à Paris, retrouvant famille et foyer. Maurice Cluzeau et sa femme étaient propriétaires d'une charcuterie et habitaient un bel appartement situé au dessus de la boutique. David, marié lui aussi, était père de deux bébés, l'un né en 1939, l'autre en 1940. 
A la différence de la majorité des Juifs de Paris, les Millner refusèrent de se soumettre au recensement de la population juive de la ville. Ils passèrent dans la clandestinité, ce qui les empêcha d'obtenir des cartes d'alimentation.
L'assistance de Maurice Cluzeau devint donc vitale pour eux.
Au milieu du mois de juillet 1942, lors de la grande rafle des Juifs de Paris, Maurice offrit à ses amis Millner l'hospitalité de son grand appartement dans le XIe arrondissement. Il savait pourtant qu'un hôtel voisin avait été réquisitionné par les Allemands pour y loger des soldats.
Malgré le danger de cette proximité, les Millner passèrent plusieurs mois dans l'appartement ; Maurice leur apportait du ravitaillement ainsi qu'à plusieurs parents et amis qui étaient venus les rejoindre.
En 1943, M. Cluzeau envoya la famille juive dans une retraite plus sûre, auprès de membres de sa famille à Salins-les-Bains dans le Jura, à proximité de la frontière suisse.
Toutefois madame Millner, enceinte de quatre mois, revint à Paris au début du mois d'avril 1944 pour consulter son gynécologue. Il lui apprit qu'elle devrait subir une césarienne, vers la fin du mois d'août.
Maurice Cluzeau, qui l'avait accompagnée chez le médecin, lui promit de l'aider et la recueillit à son domicile. Elle y vécut jusqu'au 18 août, où elle donna le jour à une petite fille qu'elle appela Victoire - l'enfant étant née pendant la Libération de Paris-. 
Après la guerre, les familles Cluzeau et Millner restèrent très liées, de longues années durant.
Le 2 août 1994, Yad Vashem a décerné à Maurice et Paulette Cluzeau le titre de Juste des Nations ". 
(Dossier 6216)

Les personnes sauvées sont : David Millner, son épouse Raymonde Millner (née Karpoff) (1915-1990), Claudine Lentzner (née Millner), Willy Millner et Victoire Millner (1944-1995).

Sabrina Millner, la petite-fille de David Millner, apporte des précisions sur ces éléments biographiques : 
" Ils ont également été cachés à Orléans et à Marseille. Les Cluzeau cachaient aussi un résistant allemand. Mon père est né le 19 juillet 1938 et le prénom de sa soeur Victoire a une histoire différente. En fait, elle devait s'appeler Murielle mais l'état civil lui refusa ce prénom en raison des événements de la Libération, et on l'appela Victoire. La société de David Millner se trouvait rue Valiton, à Clichy. "

Henri Millner, est décédé en 1954, et son épouse Beila Kirgner, née en 1889, vivra jusqu'en 1969. Quant à David Millner, " il est mort jeune à 58 ans, en 1969, suite à un choc anaphylactique, lié à une allergie à la pénicilline " précise sa petite-fille.

Associé à Joinovici

Dans le livre Les patrons sous l'Occupation (Odile Jacob, 1995), de Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera, le nom de David Millner apparaît à la page 188 lorsque les auteurs évoquent les compromissions d'un autre ferrailleur : Joseph Joinovici (1905-1965).

Ce personnage trouble, agent double, bénéficia du certificat WWJ (Juif économiquement précieux) et d'un certificat d'aryanisation. 
Fournisseur des autorités allemandes, il fera fortune.
Lié à la Gestapo française de la rue Lauriston - "La Carlingue" -, financeur d'un réseau de policiers résistants, " Monsieur Joseph " sera condamné en 1947 à 4 milliards de francs, et en 1949 à cinq ans de prison puis en 1950 à 54 millions de francs pour infractions douanières. Il sera libéré en 1952.
L'Etat d'Israël lui refusa l'application de la loi du retour et l'extrade aux autorités françaises. Il meurt dans un dénuement total à Clichy, en 1975.

Joinovici, Bessarabien, arrivé en France en 1925, débuta comme manoeuvre, chez un cousin éloigné, ferrailleur à Clichy, Benjamin Krough.
Joseph Joinovici, portrait anthropométrique
" Joinovici gardera cette place pendant deux ans, mais, avec ou sans l'accord de son patron, il entamera aussi assez vite un parcours autonome en louant, dit un rapport de police, une "baraque vétuste dans la zone de Clichy " où,  
" nanti d'une poussette à bras, il ramassait de vieux vêtements, chiffons, ferraille, etc., en criant à tous vents sa raison sociale " rapportent les auteurs.
En 1927, Joinovici " s'émancipe professionnellement, se mettant définitivement à son compte, avant de fonder, officiellement du moins, sa première société, au capital de cinquante mille francs, en 1929, année où on le trouve inscrit au registre du commerce. Il a au début deux associés, David Bidnik et David Millner, mais on le retrouve bientôt seul maître de son entreprise, la Société de récupération des métaux, transformée un peu plus tard en Société de triage et de récupération ".

samedi 4 novembre 2017

La face cachée de l'étoile jaune a cinq ans

Il y a cinq ans, jour pour jour, j'ai lancé le blog "La face cachée de l'étoile jaune". Il vient de dépasser les 200.000 pages vues.

Cette base documentaire constitue un recueil de données historiques sur un sujet tabou : les exemptions de l'étoile jaune, accordées par les seules autorités allemandes en France occupée à partir de juin 1942.
Référencé par le Centre National de Documentation Pédagogique, ce blog, mieux qu'un ouvrage édité, permet d'être enrichi au fil du temps. 
À la disposition des historiens, des élèves et des étudiants, il permet aussi d'entretenir  et d'enrichir la mémoire sur des faits difficiles à comprendre plus de soixante quinze ans après, sans juger pour autant : la collaboration, les menaces, les chantages, les trahisons, les dénonciations, la délation, etc...
L'étoile jaune, symbole suprême de discrimination, reste malheureusement toujours d'actualité sur fond d'antisémitisme dans la société française contemporaine.
Merci aux lecteurs et contributeurs.

Thierry Noël-Guitelman

jeudi 3 août 2017

Jeanne Moreau raconte comment elle porta l'étoile jaune par solidarité pour ses copines juives

A l'occasion du décès à 89 ans de l'actrice Jeanne Moreau - annoncé le 31 juillet 2017 - on redécouvre les propos qu'elle avait tenus en janvier 2012, dans Le Nouvel Obs, lors d'une rencontre avec l'ancien résistant, pro-palestinien, Stéphane Hessel.
Elle y expliquait comment, par solidarité pour ses copines juives, elle porta l'étoile jaune, pendant l'Occupation.

Ces actions de solidarité, particulièrement rares, ont fait l'objet d'une recherche par les historiens Cécile Leblanc et Cédric Gruat, qui ont publié en 2005, "Amis des Juifs - Les résistants aux étoiles", paru aux éditions Tirésias, dans la collection "Ces oubliés de l'histoire".
Arrêtés pour ces actions de solidarité, ces "Amis des Juifs" ont été internés au camp de Drancy, mais plusieurs furent déportés vers les camps d'Auschwitz et de Ravensbrück.

> Sur le site de Israël Valley

> Le blog de ALBERT HERSZKOWICZ sur Médiapart

> Sur le site de TERRE PROMISE
Jeanne Moreau, légende du cinéma français © Valéry Hache/AFP

samedi 15 juillet 2017

75e anniversaire de la rafle du Vél d'Hiv : qui sont les commanditaires et les exécutants ?

16 et 17 juillet 1942 : plus de 13 000 juifs parisiens sont arrêtés lors de la rafle du Vél d’Hiv, épisode majeur de la collaboration française avec les nazis. C'était il y a 75 ans...

Organisée à la demande de l'occupant allemand, dans sa politique d'extermination des populations juives d'Europe, et sur ordre des autorités de Vichy, cette grande rafle mobilise plus de 7 000 policiers et gendarmes, assistés par des militants du Parti populaire français.
Souvent avec violence, 13 152 Juifs sont arrêtés : 4 115 enfants, 5 919 femmes et 3 118 hommes...
Une cinquantaine d'autobus sont réquisitionnés pour assurer les transports.
Une partie sont dirigés directement vers le camp de Drancy, et 8 160 - dont 4 115 enfants - sont retenus dans le vélodrome d'hiver pendant cinq jours, sans nourriture, avec un seul point d'eau, ils supporteront une chaleur étouffante, une odeur épouvantable et un bruit infernal. 
Moins de cent adultes survivront à la déportation vers Auschwitz ainsi que quelques enfants, échappés des camps de Beaune-la-Rolande et Drancy.
La rafle représente à elle seule plus du quart des 42 000 Juifs envoyés de France à Auschwitz en 1942.

Le 13 juillet 1942, la circulaire no 173-42 de la préfecture de police, signée par Émile Hennequin, directeur de la police municipale, ordonne avec une rigueur administrative glaçante, l’arrestation et le rassemblement de 27 427 Juifs étrangers habitant en France. 
Sont visés les Juifs allemands, autrichiens, polonais, tchécoslovaques, russes et apatrides, de 16 à 60 ans pour les hommes et de 16 à 55 pour les femmes, ainsi que leurs enfants. Pierre Laval, le chef du gouvernement de Vichy, avait proposé d'abaisser la limite d'âge à deux ans et la déportation des hommes jusqu'à 60 ans.
L'objectif n'ayant pas été atteint, la police française appréhendera également des enfants, des vieillards, juifs de nationalité française, Dannecker, chargé des affaires juives à la Gestapo, ayant réclamé la livraison de 10 000 Juifs et l'arrestation de 40 % de Français. Une demande validée par Laval et René Bousquet, secrétaire général de la police de Vichy.

La plaque commémorative au n°8 du boulevard
de Grenelle, à l'emplacement du vélodrome
Emile Hennequin (photo sfhp)
Emile Hennequin, né en 1887 à Paris, débuta comme inspecteur stagiaire à la préfecture de police en 1912. 
Nommé commissaire en 1922, il exercera en Indochine de 1927 à 1934 avant de retrouver la préfecture de police. Commissaire principal en 1936, divisionnaire en 1938, il est nommé directeur adjoint de la police municipale en décembre 1940. 
Directeur en 1941, directeur général en janvier 1943, il sera arrêté le 27 août 1944. 
Révoqué, il sera condamné en 1947 à huit ans de travaux forcés, à la dégradation nationale et à la radiation de l’ordre de la Légion d’honneur. L'acte d'accusation lui reprochait notamment la création des brigades d'interpellation, et des rafles massives de juifs.
Grâcié en 1948, il sera mis à la retraite d’office. 
Aucun historien n'a encore fait mention de la date de son décès...
Hennequin s'était également illustré dans le dispositif de distribution de l'étoile jaune. Dans une circulaire du 1er juin 1942 (CDJC XX-29), envoyée aux commissaires de police il annonce que du personnel supplémentaire de l'administration centrale sera détaché pour apporter de l'aide aux personnels des commissariats. Le 6 juin 1942 il signe une autre circulaire prévoyant l'arrestation des parents d'enfants juifs dépourvus d'étoile.

Outre Pierre Laval, chef du gouvernement, jugé et exécuté en 1945, le commanditaire direct de la rafle est René Bousquet.
Né en 1909, plus jeune préfet régional en 1941, il est nommé secrétaire général à la Police à 31 ans, en avril 1942 par Pierre Laval.
En 1936, il avait été chargé du fichier central à la Sûreté nationale, par Roger Salengro, ministre de l’intérieur du Front Populaire.
Arrêté par les Allemands le 9 juin 1944, placé en résidence surveillée en Bavière, il est libéré par les Américains en avril 1945. Incarcéré à la prison de Fresnes du 17 mai 1945 au 1er juillet 1948, il comparaît devant la Haute Cour de justice en 1949. Il sera condamné à l’indignité nationale et à cinq années de dégradation nationale. 
Le 13 janvier 1948, la Haute Cour de la Libération conclue à un non-lieu pour les crimes et délits commis entre septembre 1940 et avril 1942. Sa peine est supprimée en raison de sa participation « active et soutenue à la résistance contre l’occupant ». 
En 1957 le Conseil d’Etat lui rend sa Légion d’honneur et il est amnistié en janvier 1958. 
Bien qu’écarté de la haute fonction publique, il poursuivra une brillante carrière dans la presse et le milieu bancaire. 
Entré au conseil d’administration de « La Dépêche du Midi » il dirigea le quotidien toulousain jusqu’en 1971 et resta très proche de François Mitterrand. Membre du conseil d’administration de la compagnie aérienne UTA, alors dirigée par Antoine Veil - mari de Simone Veil -, ce dernier obtient sa démission.
En 1989, une plainte pour crimes contre l’humanité est déposée par les Fils et Filles de déportés juifs de France, présidée par Serge Klarsfeld. Inculpé en 1991, l’instruction s’achève avec son assassinat à 84 ans, à son domicile, en juin 1993, par Christian Didier, qui, condamné à dix ans de prison, sera libéré en 2000.

Qui sont les exécutants ?


Jean Leguay, adjoint de Bousquet, réfugié aux Etats-Unis en 1945, mènera une carrière de dirigeant industriel. Révoqué de la préfectorale à la Libération, il est réintégré en 1955. Inculpé pour crimes contre l'humanité en 1979, il meurt en 1989 à 80 ans, avant que son procès ait pu avoir lieu.
Amédée Bussière, préfet de police, arrêté en août 1944, jugé en 1946, sera condamné aux travaux forcés à perpétuité et à l'indignité nationale. Sa peine commuée, il sera libéré en 1951, et meurt en 1953, à 67 ans.
Jacques Schweblin, directeur de la Police des questions juives, né en 1901 à Mulhouse. Il a disparu en 1943...
André Tulard, sous-directeur du service des étrangers et des questions juives à la préfecture de police de Paris, qui élabora le "fichier juif" utilisé pour la rafle, ne fera l'objet d'aucune poursuite après guerre et restera chevalier de la Légion d'honneur. Il meurt en 1967 à 68 ans.
Jean François, directeur de la police à la préfecture.
Louis Darquier de Pellepoix, commissaire général aux questions juives, réfugié en Espagne à la Libération, il y meurt à 82 ans en 1980, sans jamais avoir été inquiété bien que condamné à mort par contumace en 1947. 
Dans une interview à "L'Express" en 1978, il ira jusqu'à déclarer : " Je vais vous dire, moi, ce qui s'est exactement passé à Auschwitz. On a gazé. Oui, c'est vrai. Mais on a gazé les poux ".
Pierre Gallien, chef de cabinet du commissaire général aux questions juives.
Georges Guidot, commissaire, qui exerçait aux côtés d'Hennequin.
Victor Barthélemy, n°2 du PPF, ancien membre du parti communiste de 1925 à 1930, volontaire pour procéder aux interpellations. A la Libération il se réfugie à Sigmarigen puis en Italie. Arrêté en 1945 il sera condamné par un tribunal militaire à quelques mois de prison. Resté lié aux mouvements fascistes, il soutient l'Algérie Française aux côtés de Jean-Marie Le Pen puis fera la campagne présidentielle de Jean-Louis Tixier-Vignancour en 1965. Il réapparait lors de la fondation du Front national de Jean-Marie Le Pen en 1972, et deviendra le secrétaire administratif du parti de 1973 à 1975. puis secrétaire général jusqu'en 1978. Il meurt en 1985.

> Il faudra attendre le 16 juillet 1995 pour que le président de la République, Jacques Chirac, dans un discours remarquable reconnaisse officiellement la responsabilité de la France dans la politique de collaboration du gouvernement du maréchal Pétain : " Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'Etat français ". 
Il rompait ainsi avec ses prédécesseurs qui estimaient que la responsabilité de Vichy n'engageait pas celle de l'Etat français.

> Après le Vél d'Hiv, aura lieu le 26 août 1942 la grande rafle en zone libre : 6 584 juifs seront arrêtés.
Suivront d'autres rafles anti-juive : le 11 septembre 1942 dans le Nord-Pas-de-Calais, où 520 personnes complèteront le convoi n°10 du 15 septembre 1942 pour Auschwitz.
> Le 20 février 1943, la rafle de Lyon-Villeurbanne, en représailles d'un attentat à Paris le 13 février 1943 : 2 000 juifs arrêtés. Les convois n° 50 et 51 des 4 et 6 mars 1943 seront formés pour Auschwitz.

> Dans son discours du 16 juillet 2017, le président de la République, Emmanuel Macron, en présence de Benjamin Netanyahu, Premier ministre Israélien, s'est inscrit dans les pas de Jacques Chirac, en insistant sur le rôle des Justes. 
Il a également déclaré, brisant les tabous et n'en déplaise à l'extrême gauche et une partie de la gauche : " Nous ne cèderons rien à l'antisionisme car il est la forme réinventée de l'antisémitisme ".
voir la vidéo

Thierry Noël-Guitelman
Première page de la circulaire no 173-42 du 13 juillet 1942

mardi 30 mai 2017

Les 75 ans de l'étoile jaune dans les médias


A l'occasion du 75e anniversaire de l'étoile jaune, plusieurs médias ont rappelé cette date mémorielle.
- La newsletter du CRIF
- Tribune Juive
- The Times of Israël
L'étoile jaune portée à Paris, dans le quartier du Marais (dr)
Le Petit Parisien du 8 juin 1942


dimanche 19 février 2017

Papon, Tuaillon, Chaigneau : la préfectorale et l'étoile jaune

Une curieuse exception à la règle de la délivrance des exemptions par les seules autorités allemandes concerne Maurice Papon. L'ancien secrétaire général de la préfecture de Gironde, a-t-il menti à son procès ?

Maurice Papon, secrétaire général de la préfecture de Gironde (dr)
Maurice Papon (1910-2007) a été condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l'humanité pour des actes commis lorsqu'il était secrétaire général de la préfecture de Gironde, de 1942 à 1944, sous l'Occupation allemande.
Le 16 février 1998, lors de la 68e journée de son procès devant la cour d'assises de la Gironde, il affirma avoir accordé pas moins de 1.182 dérogations au port de l'étoile jaune.
« Ce qui donnait une chance supplémentaire aux juifs d'échapper aux allemands » déclare-t-il. 
Elles auraient concerné 951 français et 231 étrangers. 
Michel Slitinsky, partie civile à l'origine du procès, contestera ces chiffres évoquant seulement 11 dérogations accordées, sans donner plus de détails.
Maurice Papon, interrogé le 5 décembre 1997 par le procureur général sur l'application de la 8e ordonnance, répondra : « Le premier choc que j'ai eu en arrivant à Bordeaux, et en prenant possession du poste de secrétaire général, ça été l'étoile jaune qui venait d'être distribuée quelques jours avant mon arrivée
J'en ai constaté les effets et j'en ai condamné les méthodes, et je dois dire que l'opération étoile jaune a, pour moi, effacé un peu les effets de la loi de février 1942, laquelle est tombée en désuétude pour la bonne raison que sont survenus des évènements plus dramatiques, précisément les convois. L'étoile jaune c'était en mai. Dès juillet, les allemands exigeaient la livraison d'hommes et de femmes innocents ». (93)

Dès 1945, Maurice Papon poursuivra sa carrière de haut fonctionnaire : au ministère de l'Intérieur, puis préfet de Corse (1946), préfet de Constantine (1949), secrétaire général de la préfecture de police de Paris (1951-1954), secrétaire général du protectorat du Maroc (1954-1955), préfet régional pendant la guerre d'Algérie (1956-1958), préfet de police (1958-1967). Il entame alors une carrière politique : député du Cher (1967-1978), maire de Saint-Amond-Montrond (1971-1983), ministre du Budget (1978-1981).
Inculpé de crimes contre l'humanité le 19 janvier 1983, suite à des révélations de la presse, il sera condamné à dix ans de réclusion criminelle. Libéré en 2002 pour raisons de santé, il meurt le 17 février 2007 à 96 ans...

La zone libre sans étoile

La zone libre, au sud de la ligne de démarcation, se trouvait depuis la signature de l’armistice du 22 juin 1940, sous l’autorité du gouvernement du maréchal Pétain, à Vichy. Elle sera envahie le 11 novembre 1942 par les allemands et les italiens, suite au débarquement allié en Afrique du Nord le 8 novembre, et deviendra alors la zone sud.
Début juillet 1942, des notes d’indicateurs de Bordeaux et Biarritz, insistent sur l’incompréhension de voir des Juifs réfugiés en zone libre ne pas porter l’étoile : 

« On se demande pourquoi les Juifs riches de Paris ne portent pas l’étoile jaune ». 
Ils donnent les exemples des frères Lafitte, de Madame Montesquio, de la fille d’André Citroën, le constructeur automobile, de Madame de Brinon... (94)
Pétain s’opposera à l’extension du port de l’étoile en zone libre, même après son envahissement. 
Mais, le 26 août 1942, la grande rafle de la zone libre entraînera l’arrestation, dans 40 départements, de près de 6.584 Juifs étrangers au 28 août, qui croyaient y avoir trouvé refuge. (95)
Par sa loi du 11 décembre 1942, Vichy avait instauré la mention « JUIF », tamponnée à l'encre rouge, sur les cartes 
d’identité et d’alimentation dans toute la zone sud. 
Un dispositif déjà en vigueur à Paris, suite à une ordonnance du préfet de police du 10 décembre 1941.
« Moi vivant, l'étoile juive ne sera pas portée en zone libre » avait dit Pétain au grand rabbin Isaïe Schwartz. (96) 
Laval arrêté en août 1945, apportera des précisions sur ce "tampon" dans les mémoires qu’il rédigera dans sa cellule : « Je refusai l'obligation que les Allemands et le commissariat général voulaient imposer aux Juifs en zone sud de porter l'étoile jaune. Les Allemands (...) avaient exigé la loi instituant l'obligation de faire figurer le mot "Juif" sur les cartes d'identité et de ravitaillement. (...) Ce fut le moindre mal, car l'insertion sur les cartes ne gênaient pas les Juifs vis-à-vis des autorités françaises. Elle leur permettait d'échapper, comme travailleurs, au départ pour l'Allemagne, car j'ai toujours donné l'instruction de les exclure des départs. Ils furent seulement requis au tout dernier moment pour les chantiers Todt et il y en eut un nombre infime »... (97)

En dépit de l’opposition de Vichy à l’extension de l’étoile jaune, l’envahissement de tout le territoire après le 11 novembre 1942, suscita les ardeurs des forces d’occupation.


Louis Tuaillon : le sous-préfet résiste


Louis Tuaillon (dr)

Dans le Pays Basque, où la proximité de la frontière permet à de nombreux Juifs de passer en Espagne, le sous- préfet d’Oléron Sainte-Marie, Louis Tuaillon (1904-1947), écrira le 29 mai 1943, un courrier pour le moins courageux au chef de la Sûreté allemande de Tardets.
Suite à l’évacuation des Juifs de la côte Basque, réfugiés dans plusieurs communes de l'arrondissement, ils ont été « mis dans l'obligation de porter l'étoile jaune à compter du 26 mai » et de se présenter « chaque semaine à la mairie ». 
Le sous-préfet, en l'absence d'instructions, estime qu'il n'y a pas lieu de considérer ces « invitations comme devant être suivies d'effet ». Il souligne qu'aucun texte français n'a imposé l'étoile dans la zone sud.
Et de conclure : « si vous pensiez devoir maintenir vos injonctions, je vous serais très obligé de bien vouloir m'en aviser ; je me verrai alors dans l'obligation d'en référer à l'autorité supérieure ». (98)
Louis Tuaillon, né le 11 mai 1904 à Valay (Haute-Saône), débuta sa carrière à 24 ans comme chef de cabinet du préfet de la Haute-Saône. 

Il occupa plusieurs postes de sous-préfet et sera secrétaire général de la préfecture de l’Yonne à la déclaration de guerre. Autorisé sur sa demande à rejoindre son unité du Génie sur le front, il est rappelé après l’armistice dans le corps préfectoral pour occuper par intérim les fonctions de sous-préfet d’Oloron-Sainte- Marie, chargé notamment d’organiser l’accueil et l’hébergement des populations réfugiées. 
Poursuivant sa carrière, il deviendra au cours de l’année 1943, préfet délégué à Limoges puis à Marseille.
Préfet du Lot-et-Garonne sera son dernier poste sous l’Occupation, en février 1944. 
Dès sa nomination, il entama une lutte ouverte avec les autorités d'occupation, condamnant les crimes de la Milice et interdisant à la police et à la gendarmerie de communiquer des renseignements aux occupants.
Arrêté dans la nuit du 8 au 9 juin 1944 par les agents de la Gestapo d’Agen en compagnie de Pierre Brunon, son chef de cabinet, et de Jean Brachard, sous-préfet de Nérac, ils seront déportés à Neuengamme (Allemagne) puis à Terezin (République Tchèque) et seront libérés en mai 1945. A son retour de déportation, Tuaillon est réintégré en mai 1945 dans le corps préfectoral. 

Nommé préfet de Moselle en septembre 1945, il décède en fonction, le 31 mars 1947, d'une crise cardiaque suite à une intervention chirurgicale consécutive à une affection contractée en captivité.



Le préfet Jean Chaigneau 
et la protection italienne


Dispensés d'étoile jaune, car issus d'un pays allié de l'Allemagne, les ressortissants italiens ont été protégés par leurs autorités consulaires dans tout le sud-est de la France.
A Nice, le préfet
Marcel Ribière (1892-1986), ancien chef de cabinet de Raymond Poincaré, dévoué à Pétain, contribuera à la première rafle des juifs du 31 août 1942 en fournissant des listes à la police française. Quelque 554 Juifs, dont une vingtaine d’enfants seront arrêtés et déportés vers Auschwitz.

Mais, lorsque le 11 novembre 1942, la Wehrmacht franchit la ligne de démarcation pour occuper la zone libre, les allemands concèdent à leurs alliés italiens l’occupation de dix départements (Alpes-Maritimes, Var, Basses-Alpes, Hautes-Alpes, Drôme, Isère, Savoie, Haute-Savoie, Vaucluse, Ain) et la Corse.
Les Italiens sont opposés à la déportation massive des Juifs. Ainsi, le consul italien de Nice, Alberto Calisse, dans une lettre du 12 janvier 1943, souligne que l'étoile jaune «
ne saurait concerner les Israélites résidant dans les zones où cantonnent les troupes italiennes, étant donné que toutes les mesures concernant le problème des Israélites, dans la dite zone doivent être effectuées exclusivement par des organismes italiens ». 

Dès le 27 décembre, il refusa également d’appliquer la loi de Vichy du 11 décembre, obligeant le tampon « J » sur les papiers d’identité des Juifs. 
Aussi, les préfets seront obligés de suspendre le port de l'étoile, fait relevé dans un article du "TImes" du 21 janvier 1943. (99)
Lorsque le 18 février 1943, la police française procède à de nouvelles rafles de juifs étrangers en zone sud, les italiens protègeront les juifs, comme à Annecy où la gendarmerie sera cernée par les militaires italiens qui demanderont la remise en liberté de juifs étrangers arrêtés. (100)
Ribière, en délicatesse avec Vichy car opposé à la politique de la relève, démissionne de son poste en avril 1943. Il sera remplacé en mai par Jean Chaigneau (1895-1955). 

A partir du 23 juillet 1943, il viendra conforter l'attitude italienne, allant jusqu'à ordonner la régularisation de tous les juifs étrangers vivant dans les Alpes-Maritimes. (101)
Il fera aussi disparaître le double des listes de recensement conservées à la préfecture.L'original servira malheureusement, lors de l'occupation allemande, à partir du 10 septembre 1943, pour pratiquer des arrestations massives.
Une véritable panique éclata alors chez les juifs de Nice, arrêtés par milliers, sous les ordres d'Aloïs Brunner.

Depuis son QG de l'hôtel Excelsior, il organise les rafles contre les 1.800 juifs fichés. Il ira en personne au consulat italien récupérer les dossiers mais les diplomates lui répondront qu'ils ont été transférés à Rome...
Jusqu'au 16 décembre, 1.850 juifs seront arrêtés et déportés. Parmi eux, Arno Klarsfeld, arrêté le 30 septembre 1943, le père de Serge Klarsfeld.
(102)

Le préfet Chaigneau ira jusqu'à héberger des familles dans ses appartements de la préfecture, lors de la grande rafle de l’automne 1943.
Arrêté le 14 mai 1944 pour n’avoir pas répondu à la demande du chef départemental de la Milice, transmise le 5 février 1944, de donner la liste des juifs du département.
(103)

Déporté au camp d'Eisenberg, il est libéré et rapatrié le 11 mai 1945.
De retour à Nice, il tente une carrière politique en se présentant aux législatives d’octobre 1945 mais sa liste « Entente républicaine » n’obtiendra que 8 % des suffrages.
Préfet résistant, saint-cyrien, entré dans la préfectorale en 1919, il s'était déjà illustré en Indre-et-Loire.
Préfet à Tours de novembre 1940 à novembre 1941, il fit libérer des juifs prisonniers du camp de La Lande, à Monts, en septembre 1941. 

Il agira après avoir été prévenu par un courrier de Simone Kahn, qu'il avait connu avant-guerre, et qui se trouvait à La Lande avec son fils Robert, et une vingtaine d'autres personnes.
Après avoir vérifié leurs identités, Chaigneau viendra en personne au camp et donnera l’ordre de libérer ces juifs français, et leur fera prendre le premier train pour Paris. 

Pour cette attitude, l’amiral Darlan voudra l'exclure de la préfectorale mais compte tenu de ses états de service durant la guerre de 1914-1918, il sera muté en Seine-et- Marne, jusqu’à sa nomination dans les Alpes-Maritimes. 
Après instruction d'un dossier de reconnaissance du titre de Juste devant les Nations, Yad Vashem a décidé de ne pas accepter la demande.


(93) Le procès de Maurice Papon (Albin Michel, 1998)(94) CDJC XLIXa-107 Lettre du 9 août 1942, du service IV J de la Sipo-SD de Bordeaux, accompagnée de deux notes d’indicateurs des 4 et 10 juillet 1942.
(95) Lire Serge Klarsfeld : « Vichy-Auschwitz » Le rôle de Vichy dans la Solution finale de la question juive en France. 1942 (Fayard, 1983) p. 135 à 161

(96) Témoignage de Paul Estèbe, chef adjoint du cabinet de Pétain à Raymond Tournoux, cité dans "Pétain et la France", Plon 1980, p.305)
(97) Cité par Michèle Cointet : « Pétain et les Français » (Perrin, 2002), p. 138

(98) Archives départementales des Pyrenées-Atlantiques : lettre du sous-préfet d'Oloron SDA64 - Pau
(99) CDJC XXVa-339 Article du « Times » du 21 janvier 1943
(100) CDJC XXVa-274a Note du 22 février 1943 de Kurt Lischka sur l'attitude italienne
(101) CDJC XXVa-247 Lettre du 23 juillet 1943 du service des cartes d'identité d'étrangers de la préfecture des Alpes-Maritimes au commissaire divisionnaire de Nice et note du 23 septembre 1943 concernant le traitement des Juifs en zone d’occupation italienne
(102) Serge Klarsfeld : " Nice, hôtel Excelsior ", Association Les Fils et Filles des déportés juifs de France, 1998, p.51
(103) Archives départementales des Alpes-Maritimes, 616 W 233