mercredi 30 mai 2018

Les 76 ans de l'étoile jaune dans les médias

La 8e ordonnance allemande du 29 mai 1942 imposait le port de
l'étoile jaune en France occupée. La mesure antisémite est entrée
en vigueur le dimanche 7 juin 1942 (dr)
A l'occasion du 76e "anniversaire" de l'étoile jaune, plusieurs médias ont tenu à marquer cette date mémorielle. Elle vient en écho de l'antisémitisme qui continue de se répandre en France et dans d'autres pays européens.
Ne pas oublier l'étoile jaune et rappeler son histoire sont une obligation pour faire prendre conscience des dangers de l'antisémitisme.

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vendredi 25 mai 2018

29 mai 1942 - 29 mai 2018 : N'oublions pas l'étoile jaune

Face au nouvel antisémitisme qui sévit en France, la mobilisation passe aussi par l’allumage des lumières de l'Histoire. 
Il y a 76 ans, le 29 mai 1942, la 8e ordonnance allemande interdisait aux Juifs, français et étrangers de zone occupée, de paraître en public sans porter l’étoile jaune, dès l’âge de six ans. N’oublions pas !

Le quotidien "Le Matin" du 1er juin 1942
Ce signe distinctif, entré en vigueur le dimanche 7 juin 1942, sera une étape importante de la « Solution finale », avec la contribution active de l’Etat français de Vichy pour sa distribution dans les commissariats et les sous-préfectures. 
L’étoile facilitera le repérage des « indésirables » et leurs arrestations. Suivra, le 16 juillet 1942 la rafle du Vél d’Hiv… 
Imprimé à 400.000 exemplaires, à raison de trois étoiles par personne, ce signe distinctif était prévu pour 100.455 personnes (61.684 français et 38.591 étrangers).
Si Vichy s’opposa à l’extension de l’étoile en zone sud, après l’invasion allemande du 11 novembre 1942, la mention « Juif », tamponnée à l’encre rouge, sera imposée sur les papiers d’identité et cartes d’alimentation. Un dispositif déjà en vigueur à Paris depuis une ordonnance du préfet de police du 10 décembre 1941.
Après le recensement de septembre 1940 qui permettra aux autorités françaises la création du fichier des Juifs, les statuts des Juifs d’octobre 1940 et de juin 1941, la loi sur « l’aryanisation » des biens Juifs de juillet 1941, le premier convoi de déportation du 27 mars 1942, l’instauration de l’étoile jaune marque une nouvelle étape dans l’irréparable.

Dans ce contexte implacable d'élimination des Juifs du paysage français, des stratégies de survie seront élaborées : refus du recensement, passages clandestins de la ligne de démarcation, placements d'enfants, réseaux de sauvetage, actions individuelles des Justes.
L’étoile jaune, marqueur discriminatoire, deviendra aussi un enjeu de refus. 
Certains décideront de ne pas la porter en dépit des risques de dénonciation. Des gestes de solidarité apparaîtront aussi lors de l'entrée en vigueur de l'ordonnance allemande : une quarantaine de personnes seront arrêtées pour défaut d'étoile, ou pour avoir porté d'autres insignes, des étoiles fantaisistes avec des inscriptions comme "zazou", "swing", "potache", "papou ». (Lire " Amis des Juifs - Les résistants aux étoiles " - Tirésias 2005 - de Cédric Gruat et Cécile Leblanc).
Des protestations seront lancées par les autorités religieuses catholiques et protestantes, tandis que les dirigeants de l'Union générale des israélites de France appelaient à "porter l'insigne dignement et ostensiblement", comme le rappelle Renée Poznanski dans "Les Juifs en France pendant la Seconde Guerre Mondiale" (Hachette, 2005, page 292)
En vain, des demandes d’exemption seront formulées par la Fédération des amputés de guerre, l’Ordre des médecins et les Sapeurs-pompiers de Paris.
Les mesures d’exemption, prévues par la réglementation allemande (pour plus de 9.800 étrangers issus de pays belligérants, alliés ou neutres), permettront à quelques rares cas isolés d’en profiter : le 25 août 1942, une liste de seulement 26 exemptions sera publiée par la SS de Paris. (CDJC-XXVa-164)
Parmi ces mesures individuelles, quatre proches du Maréchal Pétain en seront bénéficiaires : l’épouse de l’ambassadeur de Vichy à Paris, Jeanne de Brinon, née Franck ; la marquise de Chasseloup-Laubat, née Stern ; la générale Billotte, née Nathan ; la comtesse d’Aramon, née Stern.
Pétain réclamera en vain, des exemptions pour la veuve de Bergson, et le pianiste Konstantinoff, chargé de la programmation musicale de Radio Paris.  (CDJC-XLIXa-91b)

D’autres exemptions seront accordées pour « de pressants motifs économiques » pour des cadres d’entreprises au service des allemands, pour les services de contre-espionnage, et des Juifs « travaillant avec la police anti-juive », pour des intermédiaires chargés du pillage des oeuvres d’art, et quelques rares cas suite à des demandes individuelles.

Un seul sous-préfet, Louis Tuaillon, en poste à Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques) écrira en mai 1943 un courrier courageux au chef de la Sûreté allemande à propos des Juifs évacués de la côte Basque «  mis dans l’obligation de porter l’étoile jaune et de se présenter chaque semaine à la mairie. » (Archives départementales Pyrenées-Atlantiques SDA 64)
En l’absence d’instruction il refusa de suivre d’effet ces demandes, rappelant qu’aucun texte français n’a imposé l’étoile en zone sud. Nommé préfet du Lot-et-Garonne, puis à Limoges et Marseille, il sera arrêté par la Gestapo en juin 1944 et déporté.
N’oublions pas l’étoile jaune !

Thierry Noël-Guitelman

vendredi 16 février 2018

La famille Millner sauvée par les Cluzeau, Justes des Nations

La famille Millner doit sa survie à Maurice et Paulette Cluzeau, reconnus Justes des Nations en 1994. Henri et David Millner avaient bénéficié d'une exemption d'étoile jaune.


Le caveau familial des Millner au
cimetière parisien de Bagneux
 (col. particulière)
Henri Millner et son fils David Millner ont bénéficié d'une exemption d'étoile jaune le 11 juin 1942. (CDJC-XXVa-192)
Cette double exemption, signée par Röthke, le chef du service IV J de la Sipo-SD de Paris, a été accordée jusqu'au 31 août 1942. Une validité limitée dans le temps avec " l'obligation de présenter avant cette date les documents prouvant son appartenance à la race aryenne ".
Henri est né en 1888 à Bender (Russie) et David, en 1911 à Paris.
Ferrailleur, David a pu profiter de cette profession stratégique en temps de guerre pour obtenir les faveurs des autorités d'occupation, au titre des activités économiques. 
Mais la famille Millner échappa à la déportation grâce à son sauvetage par un couple de charcutiers du XIe arrondissement de Paris, Maurice, Cluzeau, né en 1913, et son épouse Paulette, née en 1910.

Dans le Dictionnaire des Justes de France,  les détails de ce sauvetage sont relatés (Editions Yad Vashem et Fayard, 2003, page 175) : 
« C'est à l'armée que David Millner, un Juif français né en 1911, rencontra Maurice Cluzeau qui avait le même âge que lui. Les deux Parisiens avaient été mobilisés en 1939. Jusqu'à la débâcle de juin 1940, ils combattirent côte à côte dans le 144e bataillon d'infanterie et devinrent de bons amis.
Démobilisés après la défaite française, ils rentrèrent tous deux à Paris, retrouvant famille et foyer. 
Maurice Cluzeau et sa femme étaient propriétaires d'une charcuterie et habitaient un bel appartement situé au dessus de la boutique. David, marié lui aussi, était père de deux bébés, l'un né en 1939, l'autre en 1940. 
A la différence de la majorité des Juifs de Paris, les Millner refusèrent de se soumettre au recensement de la population juive de la ville. Ils passèrent dans la clandestinité, ce qui les empêcha d'obtenir des cartes d'alimentation.
L'assistance de Maurice Cluzeau devint donc vitale pour eux.
Au milieu du mois de juillet 1942, lors de la grande rafle des Juifs de Paris, Maurice offrit à ses amis Millner l'hospitalité de son grand appartement dans le XIe arrondissement. Il savait pourtant qu'un hôtel voisin avait été réquisitionné par les Allemands pour y loger des soldats.
Malgré le danger de cette proximité, les Millner passèrent plusieurs mois dans l'appartement ; Maurice leur apportait du ravitaillement ainsi qu'à plusieurs parents et amis qui étaient venus les rejoindre.
En 1943, M. Cluzeau envoya la famille juive dans une retraite plus sûre, auprès de membres de sa famille à Salins-les-Bains dans le Jura, à proximité de la frontière suisse.
Toutefois madame Millner, enceinte de quatre mois, revint à Paris au début du mois d'avril 1944 pour consulter son gynécologue. Il lui apprit qu'elle devrait subir une césarienne, vers la fin du mois d'août.
Maurice Cluzeau, qui l'avait accompagnée chez le médecin, lui promit de l'aider et la recueillit à son domicile. Elle y vécut jusqu'au 18 août, où elle donna le jour à une petite fille qu'elle appela Victoire - l'enfant étant née pendant la Libération de Paris-. 
Après la guerre, les familles Cluzeau et Millner restèrent très liées, de longues années durant.
Le 2 août 1994, Yad Vashem a décerné à Maurice et Paulette Cluzeau le titre de Juste des Nations ». (Dossier 6216) 

Les personnes sauvées sont : David Millner (1911-1954), son épouse Raymonde Millner, née Karpoff (1915-1990), Claudine Lentzner (née Millner), Willy Millner et Victoire Millner (1944-1995).

La petite-fille de David Millner nous apporte des précisions sur ces éléments biographiques : « Ils ont également été cachés à Orléans et à Marseille. Les Cluzeau cachaient aussi un résistant allemand. Mon père est né le 19 juillet 1938 et le prénom de sa soeur Victoire a une histoire différente. En fait, elle devait s'appeler Murielle mais l'état civil lui refusa ce prénom en raison des événements de la Libération, et on l'appela Victoire. La société de David Millner se trouvait rue Valiton, à Clichy. »

Henri Millner, est décédé en 1954, et son épouse Beila Kirgner, née en 1889, vivra jusqu'en 1969. Quant à David Millner, « il est mort jeune à 58 ans, en 1969, suite à un choc anaphylactique, lié à une allergie à la pénicilline » précise sa petite-fille.

Associé à Joinovici

Dans le livre Les patrons sous l'Occupation (Odile Jacob, 1995), de Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera, le nom de David Millner apparaît à la page 188 lorsque les auteurs évoquent les compromissions d'un autre ferrailleur : Joseph Joinovici (1905-1965).

Ce personnage trouble, agent double, bénéficia du certificat WWJ (Juif économiquement précieux) et d'un certificat d'aryanisation. 
Fournisseur des autorités allemandes, il fera fortune.
Lié à la Gestapo française de la rue Lauriston - "La Carlingue" -, financeur d'un réseau de policiers résistants, " Monsieur Joseph " sera condamné en 1947 à 4 milliards de francs, et en 1949 à cinq ans de prison puis en 1950 à 54 millions de francs pour infractions douanières. Il sera libéré en 1952.
L'Etat d'Israël lui refusa l'application de la loi du retour et l'extrade aux autorités françaises. Il meurt dans un dénuement total à Clichy, en 1975.

Joinovici, Bessarabien, arrivé en France en 1925, débuta comme manoeuvre, chez un cousin éloigné, ferrailleur à Clichy, Benjamin Krough.
Joseph Joinovici, portrait anthropométrique
" Joinovici gardera cette place pendant deux ans, mais, avec ou sans l'accord de son patron, il entamera aussi assez vite un parcours autonome en louant, dit un rapport de police, une "baraque vétuste dans la zone de Clichy " où,  
" nanti d'une poussette à bras, il ramassait de vieux vêtements, chiffons, ferraille, etc., en criant à tous vents sa raison sociale " rapportent les auteurs.
En 1927, Joinovici " s'émancipe professionnellement, se mettant définitivement à son compte, avant de fonder, officiellement du moins, sa première société, au capital de cinquante mille francs, en 1929, année où on le trouve inscrit au registre du commerce. Il a au début deux associés, David Bidnik et David Millner, mais on le retrouve bientôt seul maître de son entreprise, la Société de récupération des métaux, transformée un peu plus tard en Société de triage et de récupération ".

samedi 4 novembre 2017

La face cachée de l'étoile jaune a cinq ans

Il y a cinq ans, jour pour jour, j'ai lancé le blog "La face cachée de l'étoile jaune". Il vient de dépasser les 200.000 pages vues.

Cette base documentaire constitue un recueil de données historiques sur un sujet tabou : les exemptions de l'étoile jaune, accordées par les seules autorités allemandes en France occupée à partir de juin 1942.
Référencé par le Centre National de Documentation Pédagogique, ce blog, mieux qu'un ouvrage édité, permet d'être enrichi au fil du temps. 
À la disposition des historiens, des élèves et des étudiants, il permet aussi d'entretenir  et d'enrichir la mémoire sur des faits difficiles à comprendre plus de soixante quinze ans après, sans juger pour autant : la collaboration, les menaces, les chantages, les trahisons, les dénonciations, la délation, etc...
L'étoile jaune, symbole suprême de discrimination, reste malheureusement toujours d'actualité sur fond d'antisémitisme dans la société française contemporaine.
Merci aux lecteurs et contributeurs.

Thierry Noël-Guitelman

jeudi 3 août 2017

Jeanne Moreau raconte comment elle porta l'étoile jaune par solidarité pour ses copines juives

A l'occasion du décès à 89 ans de l'actrice Jeanne Moreau - annoncé le 31 juillet 2017 - on redécouvre les propos qu'elle avait tenus en janvier 2012, dans Le Nouvel Obs, lors d'une rencontre avec l'ancien résistant Stéphane Hessel.
Elle y expliquait comment, par solidarité pour ses copines juives, elle porta l'étoile jaune, pendant l'Occupation.

Ces actions de solidarité, particulièrement rares, ont fait l'objet d'une recherche par les historiens Cécile Leblanc et Cédric Gruat, qui ont publié en 2005, "Amis des Juifs - Les résistants aux étoiles", paru aux éditions Tirésias, dans la collection "Ces oubliés de l'histoire".
Arrêtés pour ces actions de solidarité, ces "Amis des Juifs" ont été internés au camp de Drancy, mais plusieurs furent déportés vers les camps d'Auschwitz et de Ravensbrück.

> Sur le site de Israël Valley

> Le blog de ALBERT HERSZKOWICZ sur Médiapart

> Sur le site de TERRE PROMISE
Jeanne Moreau, légende du cinéma français © Valéry Hache/AFP

samedi 15 juillet 2017

75e anniversaire de la rafle du Vél d'Hiv : qui sont les commanditaires et les exécutants ?

16 et 17 juillet 1942 : plus de 13 000 juifs parisiens sont arrêtés lors de la rafle du Vél d’Hiv, épisode majeur de la collaboration française avec les nazis. C'était il y a 75 ans...

Organisée à la demande de l'occupant allemand, dans sa politique d'extermination des populations juives d'Europe, et sur ordre des autorités de Vichy, cette grande rafle mobilise plus de 7 000 policiers et gendarmes, assistés par des militants du Parti populaire français.
Souvent avec violence, 13 152 Juifs sont arrêtés : 4 115 enfants, 5 919 femmes et 3 118 hommes...
Une cinquantaine d'autobus sont réquisitionnés pour assurer les transports.
Une partie sont dirigés directement vers le camp de Drancy, et 8 160 - dont 4 115 enfants - sont retenus dans le vélodrome d'hiver pendant cinq jours, sans nourriture, avec un seul point d'eau, ils supporteront une chaleur étouffante, une odeur épouvantable et un bruit infernal. 
Moins de cent adultes survivront à la déportation vers Auschwitz ainsi que quelques enfants, échappés des camps de Beaune-la-Rolande et Drancy.
La rafle représente à elle seule plus du quart des 42 000 Juifs envoyés de France à Auschwitz en 1942.

Le 13 juillet 1942, la circulaire no 173-42 de la préfecture de police, signée par Émile Hennequin, directeur de la police municipale, ordonne avec une rigueur administrative glaçante, l’arrestation et le rassemblement de 27 427 Juifs étrangers habitant en France. 
Sont visés les Juifs allemands, autrichiens, polonais, tchécoslovaques, russes et apatrides, de 16 à 60 ans pour les hommes et de 16 à 55 pour les femmes, ainsi que leurs enfants. Pierre Laval, le chef du gouvernement de Vichy, avait proposé d'abaisser la limite d'âge à deux ans et la déportation des hommes jusqu'à 60 ans.
L'objectif n'ayant pas été atteint, la police française appréhendera également des enfants, des vieillards, juifs de nationalité française, Dannecker, chargé des affaires juives à la Gestapo, ayant réclamé la livraison de 10 000 Juifs et l'arrestation de 40 % de Français. Une demande validée par Laval et René Bousquet, secrétaire général de la police de Vichy.

La plaque commémorative au n°8 du boulevard
de Grenelle, à l'emplacement du vélodrome
Emile Hennequin (photo sfhp)
Emile Hennequin, né en 1887 à Paris, débuta comme inspecteur stagiaire à la préfecture de police en 1912. 
Nommé commissaire en 1922, il exercera en Indochine de 1927 à 1934 avant de retrouver la préfecture de police. Commissaire principal en 1936, divisionnaire en 1938, il est nommé directeur adjoint de la police municipale en décembre 1940. 
Directeur en 1941, directeur général en janvier 1943, il sera arrêté le 27 août 1944. 
Révoqué, il sera condamné en 1947 à huit ans de travaux forcés, à la dégradation nationale et à la radiation de l’ordre de la Légion d’honneur. L'acte d'accusation lui reprochait notamment la création des brigades d'interpellation, et des rafles massives de juifs.
Grâcié en 1948, il sera mis à la retraite d’office. 
Aucun historien n'a encore fait mention de la date de son décès...
Hennequin s'était également illustré dans le dispositif de distribution de l'étoile jaune. Dans une circulaire du 1er juin 1942 (CDJC XX-29), envoyée aux commissaires de police il annonce que du personnel supplémentaire de l'administration centrale sera détaché pour apporter de l'aide aux personnels des commissariats. Le 6 juin 1942 il signe une autre circulaire prévoyant l'arrestation des parents d'enfants juifs dépourvus d'étoile.

Outre Pierre Laval, chef du gouvernement, jugé et exécuté en 1945, le commanditaire direct de la rafle est René Bousquet.
Né en 1909, plus jeune préfet régional en 1941, il est nommé secrétaire général à la Police à 31 ans, en avril 1942 par Pierre Laval.
En 1936, il avait été chargé du fichier central à la Sûreté nationale, par Roger Salengro, ministre de l’intérieur du Front Populaire.
Arrêté par les Allemands le 9 juin 1944, placé en résidence surveillée en Bavière, il est libéré par les Américains en avril 1945. Incarcéré à la prison de Fresnes du 17 mai 1945 au 1er juillet 1948, il comparaît devant la Haute Cour de justice en 1949. Il sera condamné à l’indignité nationale et à cinq années de dégradation nationale. 
Le 13 janvier 1948, la Haute Cour de la Libération conclue à un non-lieu pour les crimes et délits commis entre septembre 1940 et avril 1942. Sa peine est supprimée en raison de sa participation « active et soutenue à la résistance contre l’occupant ». 
En 1957 le Conseil d’Etat lui rend sa Légion d’honneur et il est amnistié en janvier 1958. 
Bien qu’écarté de la haute fonction publique, il poursuivra une brillante carrière dans la presse et le milieu bancaire. 
Entré au conseil d’administration de « La Dépêche du Midi » il dirigea le quotidien toulousain jusqu’en 1971 et resta très proche de François Mitterrand. Membre du conseil d’administration de la compagnie aérienne UTA, alors dirigée par Antoine Veil - mari de Simone Veil -, ce dernier obtient sa démission.
En 1989, une plainte pour crimes contre l’humanité est déposée par les Fils et Filles de déportés juifs de France, présidée par Serge Klarsfeld. Inculpé en 1991, l’instruction s’achève avec son assassinat à 84 ans, à son domicile, en juin 1993, par Christian Didier, qui, condamné à dix ans de prison, sera libéré en 2000.

Qui sont les exécutants ?


Jean Leguay, adjoint de Bousquet, réfugié aux Etats-Unis en 1945, mènera une carrière de dirigeant industriel. Révoqué de la préfectorale à la Libération, il est réintégré en 1955. Inculpé pour crimes contre l'humanité en 1979, il meurt en 1989 à 80 ans, avant que son procès ait pu avoir lieu.
Amédée Bussière, préfet de police, arrêté en août 1944, jugé en 1946, sera condamné aux travaux forcés à perpétuité et à l'indignité nationale. Sa peine commuée, il sera libéré en 1951, et meurt en 1953, à 67 ans.
Jacques Schweblin, directeur de la Police des questions juives, né en 1901 à Mulhouse. Il a disparu en 1943...
André Tulard, sous-directeur du service des étrangers et des questions juives à la préfecture de police de Paris, qui élabora le "fichier juif" utilisé pour la rafle, ne fera l'objet d'aucune poursuite après guerre et restera chevalier de la Légion d'honneur. Il meurt en 1967 à 68 ans.
Jean François, directeur de la police à la préfecture.
Louis Darquier de Pellepoix, commissaire général aux questions juives, réfugié en Espagne à la Libération, il y meurt à 82 ans en 1980, sans jamais avoir été inquiété bien que condamné à mort par contumace en 1947. 
Dans une interview à "L'Express" en 1978, il ira jusqu'à déclarer : " Je vais vous dire, moi, ce qui s'est exactement passé à Auschwitz. On a gazé. Oui, c'est vrai. Mais on a gazé les poux ".
Pierre Gallien, chef de cabinet du commissaire général aux questions juives.
Georges Guidot, commissaire, qui exerçait aux côtés d'Hennequin.
Victor Barthélemy, n°2 du PPF, ancien membre du parti communiste de 1925 à 1930, volontaire pour procéder aux interpellations. A la Libération il se réfugie à Sigmarigen puis en Italie. Arrêté en 1945 il sera condamné par un tribunal militaire à quelques mois de prison. Resté lié aux mouvements fascistes, il soutient l'Algérie Française aux côtés de Jean-Marie Le Pen puis fera la campagne présidentielle de Jean-Louis Tixier-Vignancour en 1965. Il réapparait lors de la fondation du Front national de Jean-Marie Le Pen en 1972, et deviendra le secrétaire administratif du parti de 1973 à 1975. puis secrétaire général jusqu'en 1978. Il meurt en 1985.

> Il faudra attendre le 16 juillet 1995 pour que le président de la République, Jacques Chirac, dans un discours remarquable reconnaisse officiellement la responsabilité de la France dans la politique de collaboration du gouvernement du maréchal Pétain : " Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'Etat français ". 
Il rompait ainsi avec ses prédécesseurs qui estimaient que la responsabilité de Vichy n'engageait pas celle de l'Etat français.

> Après le Vél d'Hiv, aura lieu le 26 août 1942 la grande rafle en zone libre : 6 584 juifs seront arrêtés.
Suivront d'autres rafles anti-juive : le 11 septembre 1942 dans le Nord-Pas-de-Calais, où 520 personnes complèteront le convoi n°10 du 15 septembre 1942 pour Auschwitz.
> Le 20 février 1943, la rafle de Lyon-Villeurbanne, en représailles d'un attentat à Paris le 13 février 1943 : 2 000 juifs arrêtés. Les convois n° 50 et 51 des 4 et 6 mars 1943 seront formés pour Auschwitz.

> Dans son discours du 16 juillet 2017, le président de la République, Emmanuel Macron, en présence de Benjamin Netanyahu, Premier ministre Israélien, s'est inscrit dans les pas de Jacques Chirac, en insistant sur le rôle des Justes. 
Il a également déclaré, brisant les tabous et n'en déplaise à l'extrême gauche et une partie de la gauche : " Nous ne cèderons rien à l'antisionisme car il est la forme réinventée de l'antisémitisme ".
voir la vidéo

Thierry Noël-Guitelman
Première page de la circulaire no 173-42 du 13 juillet 1942

mardi 30 mai 2017

Les 75 ans de l'étoile jaune dans les médias


A l'occasion du 75e anniversaire de l'étoile jaune, plusieurs médias ont rappelé cette date mémorielle.
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- Tribune Juive
- The Times of Israël
L'étoile jaune portée à Paris, dans le quartier du Marais (dr)
Le Petit Parisien du 8 juin 1942