dimanche 28 octobre 2012

Ils ont porté l'étoile jaune...


Leurs noms sont passés à la postérité. Ils ont en commun d'avoir porté l'étoile jaune.

Béatrice de Camondo 
Epouse de Léon Reinach, Béatrice portait l'étoile et montait quotidiennement à cheval au bois de Boulogne. Elle sera arrêtée en 1942 avec sa fille, tout comme son mari et son fils, passés en zone libre. Tous sont incarcérés à Drancy. Léon, Fanny et Bertrand seront déportés à Auschwitz le 20 novembre 1943 (convoi n° 62). Béatrice fera partie du convoi n° 69 parti le 4 mars 1944.
Serge Gainsbourg
Né en 1928 à Paris, de parents juifs et russes, Serge Gainsbourg portera l’étoile jaune. Avec ses parents et ses deux sœurs, Jacqueline et Liliane, il quittera Paris pour Limoges où la famille se cachera jusqu'à la fin de la guerre. « J’ai grandi sous une bonne étoile. Jaune » confia-t-il dans une interview. En souvenir de cette époque, celui qui s’appelait Lucien Ginsburg écrira la chanson Yellow Star en 1975.
A la Libération, Gainsbourg donnera des leçons de musique et de dessin à la Villa Champsfleur, une école juive du Mesnil-le-Roi, qui accueillait les enfants survivants des déportés, administrée par la Jewish Labor Bund. C’est là qu’il commença à écrire ses premiers textes.

Poète et romancier, Max Jacob est né à Quimper en 1876. A Montmartre, il fréquente Picasso, Braque, Matisse, Apollinaire et Modigliani.
Né juif mais converti, il se fera baptiser à 40 ans, avec Picasso comme parrain. En 1909, sur le mur de sa chambre au 7 de la rue Ravignan, le Christ lui était apparu...
A partir de 1936, il se retire à l'abbaye bénédictine de Saint-Benoît-sur-Loire. C'est là qu'il sera arrêté par la Gestapo d'Orléans le 24 février 1944. Il mourra d'épuisement au camp de Drancy, le 5 mars 1944, en dépit des interventions de ses amis Cocteau et Sacha Guitry.


Daniel Kahneman 
Né le 5 mars 1934 à Tel-Aviv en Israël, ce psychologue et économiste américano-israélien, professeur à Princeton, est prix Nobel d'économie 2002.
Sa famille, originaire de Lituanie, émigra dans les années vingt. Il passait son enfance à Paris lorsque la France fut envahie par l'armée allemande.
En 2003, il écrira ce souvenir : « Alors que les Juifs devaient porter l'étoile jaune et respecter un couvre-feu à six heures, je rentrais tard après avoir été jouer avec des camarades chrétiens. Alors que je marchais dans la rue, un soldat allemand s'approche. Il portait l'uniforme noir des SS que l'on m'avait appris à craindre plus que tout. Alors que j'accélérais le pas, arrivant à son niveau, je notais qu'il me regardait intensément. Il s'est penché vers moi, m'a pris puis serré dans ses bras. J'étais terrifié qu'il ne remarque mon étoile sous mon chandail. Il me parlait avec émotion, en allemand. Il a desserré son étreinte, ouvert son porte-monnaie, montré la photographie d'un petit garçon et donné de l'argent. Je suis rentré à la maison, plus convaincu que jamais que ma mère avait raison : les gens sont infiniment compliqués et intéressants. »

Adolphe Steg
Né le 27 janvier 1925 à Verecky (Tchécoslovaquie), Ady Steg est professeur de médecine, spécialisé en urologie, et membre de l'Académie nationale de médecine depuis 2000. Il a notamment opéré le président Mitterrand de son cancer de la prostate, en 1992.
Engagé dans la résistance auprès des FFI de Sarlat, il a été président de la section de Paris
de l'Union des Etudiants Juifs de France, vice-président de l'Union mondiale des étudiants Juifs, président du CRIF et président de l'Alliance Israélite Universelle pendant 26 ans jusqu'en 2011.
Grand officier de la Légion d'honneur, il est aussi membre du Comité Directeur de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
Alors qu'il était élève au lycée Voltaire, il porta l'étoile jaune.
Ce qui suscita, a-t-il dit, " l'émotion ou la consternation " de ses camarades, mais aussi la réaction de son professeur de lettres, M. Binon, qui ce jour-là, fit étudier le célèbre texte de Montesquieu " De la tolérance ".

> LIRE LE DISCOURS DE JACQUES CHIRAC lors de sa remise de la croix de grand officier de la Légion d'honneur en février 2001.

Edith Stein
Le 12 octobre 1891, jour du Yom kippour, Edith Stein naît à Breslau dans une famille juive. Adolescente, elle s'éloigne de la foi de ses parents. En 1913, elle découvre l'œuvre du philosophe Husserl et part étudier près du maître à Göttingen. En 1916, elle devient docteur en philosophie. Baptisée en 1922, elle enseigne à Spire, chez les dominicaines de 1923 à 1931. En 1933, elle entre au Carmel de Cologne et sera interdite d'enseignement du fait de l'arrivée de Hitler au pouvoir. Souhaitant une position claire de l'Eglise elle écrira au pape Pie XI. Son décès stoppera la rédaction de l'encyclique condamnant l'antisémitisme.
En 1938, après la Nuit de Cristal, elle se réfugia au carmel d'Echt (Pays-Bas).
Arrêtée par la Gestapo le 2 août 1942, elle croisera au camp de Westerbork une autre grande mystique juive, Etty Hillesum, embauchée par le Conseil juif du camp pour aider à l’enregistrement. Cette dernière consignera dans son Journal la présence d’une carmélite avec une étoile jaune et de tout un groupe de religieux et religieuses se réunissant pour la prière. Elle mourra dans les chambres à gaz de Auschwitz-Birkenau, le 9 août 1942.
Le pape Jean-Paul II l'a déclarée sainte le 11 octobre 1998.
> LIRE LA LETTRE D'EDITH STEIN AU PAPE PIE XI

dimanche 7 octobre 2012

" Sauve-toi, la vie t'appelle " de Boris Cyrulnik

Boris Cyrulnik n'avait pas encore raconté son passé d'enfant caché.
A 75 ans, après un parcours de vie exceptionnelle, le neuropsychiatre le plus médiatique de France, le "pape" de la résilience, a décidé de faire le récit de son drame intime.
Dans " Sauve-toi, la vie t'appelle " (Odile Jacob), il explique comment il a tourné le dos au malheur, comment l'on peut porter un traumatisme aussi lourd et arriver à recoller les morceaux.
Celui qui se croyait coupable de la mort de ses parents déportés à Auschwitz a réussi à se reconstruire, à sortir de son agonie psychique.
Son livre n'est pas une vraie autobiographie mais sa "représentation" du passé, sa reconstruction de sa mémoire.
Boris Cyrulnik est né à Bordeaux en 1937.
Bordeaux, la ville où sa mère, Nadia, a été arrêtée et déportée à Auschwitz par le convoi n° 7 du 19 juillet 1942, au départ de Drancy. Son père, Aaron, sera déporté à Auschwitz par le convoi n° 64 du 7 décembre 1943.
La famille habitait au 60 rue de la Rousselle et la veille de son arrestation, sa mère - ultime geste d'amour - confia son enfant à l'Assistance publique.
Bordeaux, la ville où il sera lui-même arrêté le 10 juillet 1944.
Bordeaux, la ville où il retourna pour la première fois en 1985.
Grâce à d'étonnants concours de circonstances, et à l'aide de personnes exceptionnelles - notamment Madeleine Farges, nommée Juste en juin 1996 -, il échappera à la déportation en s'évadant de la synagogue de Bordeaux où il était enfermé avec 227 autres Juifs. Il avait 6 ans et demi et longtemps, il fit sienne cette citation d'Élie Wiesel : « Il est interdit de me taire, il est impossible de parler. »
Aujourd'hui, près de 70 ans après, il parle !

" Sauve-toi, la vie t'appelle " (Odile Jacob, 2012)

POUR EN SAVOIR PLUS 
La vidéo de "On n'est pas couché"
Lire l'article de Sud Ouest
Voir aussi le dossier du Nouvel Observateur

A PROPOS DE L'ETOILE JAUNE

Boris Cyrulnik estime que la France chrétienne a changé sa représentation du Juif " grâce au port de l'étoile jaune " et qu'elle a " volé au secours des Juifs " (p. 282-283).
Il a constaté le même phénomène aux Pays-Bas : " dès que le port de l'étoile jaune, avec l'inscription " Jood ", a été rendu obligatoire en avril 1943, la population a protégé les Juifs. Ce phénomène n'a pas eu lieu en Allemagne ou dans d'autres pays d'Europe centrale, parce que le marquage a été décidé alors que l'extermination était déjà accomplie ".

samedi 6 octobre 2012

Kaddour Ben Ghabrit, un Juste musulman oublié ?


Le livre de Mohammed Aïssaoui permettra-t-il de faire avancer la reconnaissance de Kaddour Ben Ghabrit comme Juste des Nations ?
Un dossier est ouvert à la commission des Justes de Yad Vashem, mais il manque de témoignages probants.


L'auteur de " L'étoile jaune et le croissant " apporte de nouveaux éclairages sur la personnalité du fondateur de la Grande Mosquée de Paris.
Ben Ghabrit, avec l'aide de son imam Si Mohamed Benzouaou, aurait aidé des Juifs. Mais leur nombre et les circonstances exactes méritent une enquête approfondie. Il aurait notamment fourni une fausse attestation au chanteur Salim Halali.
Est également évoquée l'action du réseau de résistance de l'hôpital franco-musulman de Bobigny, et particulièrement les actes du Dr Ahmed Somia.
Aïssaoui explique ne pas avoir fait un livre d'historien, ni un roman, mais un livre de journaliste.
Lorsqu'il souhaita accéder aux archives de la Mosquée de Paris, il lui sera répondu qu'elles n'existent pas !
Déçu par ses rencontres avec le recteur Dalil Boubakeur, Aïssaoui confie qu'il a été beaucoup plus aidé par les organisations juives que par les autorités musulmanes.
Lors de ses recherches en Algérie, on lui a même conseillé de ne pas annoncer la couleur...
Partisan de l'amitié sincère entre juifs et arabes, Aïssaoui, musulman de tradition familiale mais non pratiquant, a fait fi du tabou et son livre nous plonge dans sa quête de témoignages.
Il cite notamment celui de Serge Klarsfeld, dont la mère a pu obtenir de faux papiers faisant d'elle une musulmane, celui du fils d'une infirmière juive (Oro Tardieu-Boganim), et surtout celui de Philippe Bouvard.
Le journaliste, qui jusqu'alors n'avait guère rappelé ses origines juives, évoque comment sa mère Andrée Gensburger, juive alsacienne, fit appel à Ben Ghabrit pour faire libérer son père adoptif, Jules Luzzato, arrêté par les Allemands.
Mohammed Aïssaoui, écrivain et journaliste au Figaro Littéraire, a obtenu le prix Renaudot de l'essai 2010 pour L'Affaire de l'esclave Furcy.
En 2006, il a signé Le Goût d'Alger, paru au Mercure de France.

POUR EN SAVOIR PLUS

> Lire le point de vue de Jean Corcos dans The Times of Israël 
> Lire aussi dans "Le Parisien" du 18.2.2015 le témoignage du fils de l'imam Abdelkader Mesli, sauveur de juifs à la mosquée de Paris.

Selahattin Ülkümen
> S'il n'existe aucun Juste musulman en France, Yad Vashem, dont la procédure de reconnaissance est particulièrement stricte, en a reconnu soixante (Bosniaques et Albanais), dont un Turc.
Il s'agit du diplomate Selahattin Ülkümen (1914-2003), consul général à Rhodes en 1943 et 1944, Juste depuis 1989.
L'Egyptien Mohamed Helmy, a été reconnu Juste en 2013.

D'autres musulmans, s'ils ne sont pas Justes, ont incontestablement sauvé des Juifs. Citons Necdet Kent, vice-consul à Marseille entre 1942 et 1945.
L'action de Namik Kemal Yolga, ambassadeur de Turquie à Rome, Paris, Caracas, Téhéran, Moscou, est par contre contestée par certains historiens (notamment Esther Benbassa).
L’histoire romancée de plusieurs de ces diplomates, apparaît dans le roman de Ayşe Kulin, Dernier Train pour Istanbul (Éditions Ramsay, 2009). 
Marek Halter, dans La force du bien (Éditions Robert Laffont, 1995) évoque aussi le sujet.
Abdol Hussein Sardari
Mentionnons également le rôle éminent d'Abdol Hussein Sardari, consul iranien de Paris en 1940, qui sauva 1200 juifs d'Europe en leur donnant la nationalité iranienne. Yad Vashem l'avait interrogé en 1978, trois ans avant sa mort, interrompant l'enquête initiée pour sa reconnaissance comme Juste.


> Le film " Les Hommes Libres ", d'Ismael Ferroukhi (France, 2011), avec Tahar Rahim et Michael Lonsdale, s'est beaucoup inspiré des faits attribués à Ben Ghabrit, grâce à l'historien Benjamin Stora.

Mohammed V et le grand rabbin de Meknes
> L'action du roi du Maroc Mohammed V est également rappelée dans " L'Etoile jaune et le croissant ". " Il n'y a pas de juifs au Maroc, il y a seulement des sujets marocains " avait répondu le souverain au représentant de l'administration coloniale.
Mohammed V a été fait Compagnon de la Libération en 1945, par décision du général De Gaulle.
 

L'étoile jaune et le croissant de Mohammed Aïssaoui, Gallimard, 172 p., 17,50 €.



Plus largement, le livre d'Aïssaoui pose un nouveau regard sur les amalgames faciles entre islam et antisémitisme.
Trop souvent, l'histoire fait référence à Amin al-Husseini,  le grand mufti de Jérusalem, à la botte des nazis.
Bien sûr, Hitler a su trouver dans le monde islamique des soutiens inespérés contre les juifs.
La police anti-juive, s'appuyait notamment sur la redoutable Légion nord-africaine créée début 1944 par Henri Lafont, responsable français de la Gestapo, et le nationaliste algérien Mohamed el-Maadi, issu de la Cagoule, sous les ordres du colonel SS Helmut Knochen.
Mais la réalité est plus nuancée et nombre de convergences entre islam et judaïsme expliquent aussi les soutiens qui ont pu exister de la part de musulmans anonymes.
Outre les recherches de Mohammed Aïssaoui citons aussi celles de l'américain Robert Satloff, publiées en 2006.
Directeur exécutif du Washington Institute for Near East Policy, il est l'auteur de " Parmi les Justes " (Among the Righteous, Lost stories from the Holocaust's Long Reach into Arab Lands).
Son travail, après cinq années de recherches, a permis d'identifier l'existence de trois musulmans Tunisiens ayant sauvé des juifs : plusieurs dizaines de juifs échappé d'un camp furent cachés par un fonctionnaire retraité, Si Ali Sakkat. Joseph Nacache échappa à une rafle grâce à Hamza Abdul Jalil, propriétaire d’un hammam, qui le prévient. 
Les familles Boukris et Uzan furent cachées à Mahdia dans une propriété de l’architecte Khaled Abdul Wahab (1911-1997).
Yad Vashem étudia sa candidature en 2007 mais en 2009, le titre de Juste lui fut refusé.
Même conclusion lors d'un réexamen en 2010, au motif que son action ne constituait pas un danger immédiat pour sa vie.
Lire le plaidoyer d'une fille Boukris dans le New York Times.

> Michel Renard, professeur d'histoire, chercheur et co-auteur de "L'histoire de l'Islam et des musulmans en France" (Albin Michel, 2006) se veut très critique du livre de M. Aïssaoui.
Lire son article détaillé sur le site des études coloniales.
A écouter : palmarès RTL-L'Express du 11 octobre 2012
A lire : l'article du Figaro du 4 octobre 2012
Sur Wikipédia, la notice biographique de Mohammed Aïssaoui et celle d'Abdol Hussein Sardari.
Lire aussi l'article du The Telegraph sur Sardari, en décembre 2011.
Le témoignage de Philippe Bouvard avait été relaté par Actualité Juive.

A LIRE EGALEMENT :


Esther Benbassa : Juifs et musulmans. Une histoire partagée, un dialogue à construire, Paris, Éditions La Découverte, 2006 
Robert Assaraf : " Mohamed V et les Juifs du Maroc à l’époque de Vichy " (Plon, 1997) 
Stanford J. Shaw : " The Jews of the Ottoman Empire and the Turkish Republic ", Londres-New York, Macmillan/New York University Press, 1992.
Jeffrey Herf : " Hitler, la propagande et le monde arabe " (Calmann Lévy, 2012)
Gilbert Achcar : " Les Arabes et la Shoah  La guerre israélo-arabe des récits "
Actes Sud, Arles, 2009


 Si Kaddour ben Ghabrit et le major Ratibor visitant la mosquée de Paris, le 7 mars 1941
Photo : Gérard Sylvain - Mémorial de la Shoah - Paris (CDJC - MXC_D4_73)


Le 7 mars 1941 l'hôpital franco-musulman de Bobigny était remis à la disposition de la population musulmane en présence de nombreux dignitaires allemands et français. A cette occasion, les officiers allemands sont inviter a visiter la mosquée de Paris.

 




dimanche 30 septembre 2012

La carte interactive des arrestations d'enfants juifs

A partir du recensement réalisé en 1978 par Serge Klarsfeld - Le Mémorial de la déportation des Juifs de France - (réédité en avril dernier), une cartographie des lieux d'arrestation des enfants juifs de Paris vient d'être réalisée par Jean-Luc Pinol, professeur en histoire urbaine et géographie informatique à l'ENS de Lyon.
6 182 noms sont ainsi répertoriés. A chaque point indiquant des arrestations, une adresse apparait.
En cliquant sur le lien, on dispose également du nom des victimes. Deux index (par nom de rue ou par nom de famille) permettent une recherche plus ciblée.

Cliquez sur la carte pour la voir en plus grand

La répartition géographique des arrestations montre qu'elles ont surtout eu lieu dans les quartiers populaires de la capitale : les 10e, 11e, 18e, 19e et 20e arrondissements, et bien sûr le Marais.
Plus de 25% des 6 182 arrestations ont été faites dans ces quartiers pauvres à l'habitat insalubre.
Il s'agissait en majorité de familles juives venues de Pologne.
Pour visualiser la carte : cliquer ICI

vendredi 28 septembre 2012

A Tours, le Mur des noms des Juifs déportés


Marie-Claude Fresneau, secrétaire de l'association et professeur d'histoire au collège Michelet, lors de l'inauguration du Mur des noms d'Indre-et-Loire, jeudi 27 septembre, dans le péristyle de l'hôtel de ville de Tours
A l'initiative de l'AREHSVAL (Association Recherches et Etudes Historiques sur la Shoah en Val de Loire), la liste des noms des 977 déportés Juifs de l'Indre-et-Loire, est présentée jusqu'au 4 octobre 2012 dans le péristyle de l'hôtel de ville de Tours.
Soixante dix ans après les grandes rafles de l'été 1942, la présentation interpelle.
Chaque nom, avec la date et le lieu de naissance de la personne, est accompagné du numéro de convoi vers les camps d'extermination. Tous ces noms sont suspendus au dessus des têtes des visiteurs. Leur mémoire plane sur nous. Une façon originale de faire revivre ces hommes, ces femmes et ces enfants qui n'avaient eu qu'un seul tort, condamné par les nazis : être nés juifs.
Cette liste mémorielle, fruit d'un consciencieux travail de recherche, non exhaustive, permet de comprendre l'ampleur de la déportation, essentiellement depuis le camp de La Lande, situé à quelques kilomètres sur la commune de Monts.
L'AREHSVAL veut continuer son travail de mémoire en intégrant à sa liste les juifs arrêtés en zone libre, dans le Lochois, de l'autre côté de la ligne de démarcation.
Parmi les prochains rendez-vous de l'association :
dimanche 30 septembre à 11 h, lecture des noms à l'hôtel de ville.
mardi 2 octobre, conférence de Katy Hazan, historienne de l'Organisation de Secours des Enfants (OSE), sur le sauvetage des enfants juifs.
Le 27 janvier 2013 : organisation du circuit de la mémoire " Les chemins de la Shoah à Tours "

A voir : la vidéo réalisée par La Nouvelle République du Centre-Ouest 
Le programme du colloque universitaire sur les Juifs de Touraine, du Moyen-Âge à nos jours (octobre 2010)

dimanche 9 septembre 2012

A lire absolument : " La Protestation "

Grâce à Yves Belaubre, l'action courageuse de l'archevêque de Toulouse Mgr Saliège, le 23 août 1942, remonte à la surface de l'Histoire, 70 ans après. En lisant " La Protestation ", un autre fait troublant est remis en lumière : René Bousquet, alors préfet du Tarn-et-Garonne, a fait libérer Jean Cassou en 1943.
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Lire aussi l'article du Monde du 5 septembre 2012